Quand le dos ou le cou fait mal depuis un certain temps, la perte de souplesse devient souvent une source de frustration. Beaucoup de patients savent que rester raide n’aide pas, mais hésitent à bouger par peur d’aggraver la douleur. Retrouver de la souplesse dans ce contexte demande surtout une approche progressive et adaptée, plutôt qu’une recherche rapide d’amplitudes importantes.
La souplesse ne se résume pas aux étirements
Dans un contexte douloureux, la souplesse ne correspond pas à la capacité d’aller « le plus loin possible » dans un mouvement. Elle reflète surtout la capacité à bouger de manière fluide, contrôlée et tolérée. Forcer un étirement douloureux ne rend pas les tissus plus souples. Au contraire, cela peut renforcer les mécanismes de protection et augmenter la sensibilité.
Après une période de douleur, le corps adopte souvent des stratégies de protection. Certaines zones sont peu mobilisées, d’autres compensent davantage. Cette organisation limite la variété des mouvements et entretient la sensation de raideur, même lorsque la douleur diminue.
Plusieurs principes aident à relancer la souplesse sans aggraver les symptômes :
- privilégier des mouvements lents et contrôlés,
- rester dans des amplitudes confortables au départ,
- accepter une progression graduelle plutôt qu’immédiate,
- éviter toute recherche de douleur comme objectif.
Ces repères permettent de redonner au corps des expériences de mouvement rassurantes.
Progressivité, variété et qualité du mouvement
La progression est un élément central. Reprendre par des mouvements de faible amplitude aide à diminuer le tonus excessif et à améliorer la perception corporelle. À mesure que la tolérance augmente, les amplitudes peuvent être élargies progressivement. Le contrôle neuromoteur et la proprioception se réorganisent alors pour mieux répartir les contraintes.
La variété des mouvements est tout aussi importante. La souplesse se construit par des flexions, des extensions, des rotations et des changements de position. Répéter toujours le même geste, même confortable, limite les adaptations. Introduire progressivement de la diversité permet au dos ou au cou de retrouver une capacité d’adaptation plus large.
La respiration joue également un rôle clé. Une respiration calme et fluide facilite le relâchement musculaire et réduit la tension associée à l’appréhension du mouvement. À l’inverse, se crisper ou bloquer sa respiration accentue la rigidité.
Certaines sensations sont normales lors de la reprise :
- une gêne légère et transitoire est généralement acceptable,
- une sensation qui disparaît rapidement après le mouvement est rassurante,
- une douleur vive, durable ou croissante doit conduire à ajuster l’amplitude ou la fréquence.
Concrètement, retrouver de la souplesse sans aggraver la douleur consiste à réintroduire le mouvement de façon progressive, variée et maîtrisée, en respectant la tolérance du moment.
La souplesse se reconstruit dans la régularité et la qualité du mouvement, bien plus que dans l’intensité.
Ai-je bien compris?
La souplesse ne revient pas en forçant les étirements. Elle dépend surtout de la fluidité et du contrôle du mouvement. Après une période douloureuse, le corps se protège et limite certaines amplitudes. Reprendre par des mouvements lents et progressifs est plus efficace. La respiration aide à réduire la tension. Une gêne légère est acceptable, mais la douleur persistante impose un ajustement. La progression régulière permet une amélioration durable.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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