Avoir la sensation que le dos ou le cou est « bloqué » est une expérience fréquente et souvent anxiogène. Elle peut survenir brutalement, au réveil, après un geste banal ou sans événement particulier. Le terme de blocage donne l’impression que quelque chose s’est déplacé ou coincé, ce qui alimente rapidement l’inquiétude. Dans la grande majorité des cas, cette sensation ne correspond pourtant pas à un blocage réel au sens mécanique ou structurel.
Une réaction de protection plus qu’un blocage réel
Lorsque cette sensation apparaît, le corps met en place une réaction de protection automatique. Les muscles autour de la zone deviennent plus toniques, certains mouvements sont freinés et la mobilité globale diminue. Cette réaction est réflexe. Elle vise à limiter les sollicitations dans une zone perçue comme sensible, sans qu’il existe nécessairement de lésion sous-jacente.
Contrairement à une idée répandue, le dos ou le cou ne « se coincent » pas comme une pièce mécanique. Les articulations de la colonne sont conçues pour bouger dans de nombreuses directions et disposent d’une grande capacité d’adaptation.
La sensation de blocage traduit surtout une combinaison de facteurs :
- augmentation du tonus musculaire local,
- douleur qui freine l’amplitude,
- diminution de la fluidité du mouvement,
- appréhension associée au geste.
Le mouvement est possible, mais il est limité par la protection mise en place par le corps.
Un phénomène modulable et le plus souvent réversible
Cette impression de blocage est souvent influencée par le contexte. Elle peut être plus marquée au lever, après être resté longtemps dans une position, ou lors de mouvements rapides. Le fait qu’elle varie selon la posture, le moment de la journée ou l’activité est un signe important : cela indique que la situation est modulable et non figée.
Le système nerveux joue un rôle central. En cas de fatigue, de stress ou de surcharge inhabituelle, la sensibilité augmente. Le corps devient plus vigilant et restreint les mouvements pour se protéger. Cette stratégie n’est pas dangereuse en soi, mais elle peut être impressionnante.
Dans la majorité des cas, le mouvement progressif permet d’améliorer la situation. Bouger doucement, dans des amplitudes tolérées, aide à diminuer le tonus excessif et à redonner de la confiance au système. Le contrôle neuromoteur et la proprioception se réajustent progressivement, ce qui favorise le retour de la mobilité.
Quelques principes sont généralement utiles :
- ne jamais forcer brutalement pour « débloquer »,
- privilégier des mouvements lents et progressifs,
- accepter une amélioration graduelle plutôt qu’immédiate,
- ne pas interpréter la sensation comme un dommage.
Donc pour clôturer, concrètement, non : avoir l’impression d’un dos ou d’un cou « bloqué » n’est généralement pas grave.
Il s’agit le plus souvent d’une réaction fonctionnelle et transitoire de protection, qui s’améliore avec le mouvement progressif et la diminution de l’appréhension.
Ai-je bien compris?
La sensation de dos ou de cou « bloqué » est fréquente. Elle correspond le plus souvent à une réaction de protection et non à un blocage réel. Les muscles se contractent et limitent le mouvement. Cette sensation varie selon les positions et les moments, ce qui est rassurant. Le mouvement progressif aide à améliorer la situation. En l’absence de signes inhabituels, il s’agit généralement d’un phénomène bénin et réversible.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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