Lorsque des douleurs du dos persistent depuis plusieurs mois, il est fréquent de se demander pourquoi elles ne disparaissent pas malgré le repos, le temps ou les soins déjà essayés. Cette situation peut être décourageante et donner l’impression que le dos est durablement abîmé. Pourtant, dans de nombreux cas, la durée de la douleur ne reflète pas une aggravation ou une lésion grave, mais une modification du fonctionnement global du dos et du système nerveux.
Une sensibilité persistante plutôt qu’une lésion qui s’aggrave
Après un premier épisode douloureux, le dos peut devenir plus sensible aux contraintes du quotidien. Des gestes habituellement bien tolérés, des positions prolongées ou des efforts modérés déclenchent alors plus facilement des douleurs. Cette situation traduit une capacité d’adaptation momentanément diminuée, et non une fragilité structurelle du dos.
La manière dont le corps a été sollicité après l’apparition des premiers symptômes joue un rôle central. L’alternance entre périodes de repos prolongé et reprises trop intenses peut entretenir cette sensibilité. À l’inverse, un évitement durable du mouvement réduit progressivement la tolérance à l’effort, ce qui rend le dos plus réactif.
Plusieurs mécanismes s’installent alors :
- diminution progressive de la tolérance aux contraintes,
- appréhension vis-à-vis de certains gestes,
- surcontrôle des mouvements,
- abaissement du seuil de déclenchement de la douleur.
Ces adaptations sont fréquentes dans les douleurs prolongées et expliquent leur persistance.
Le rôle du système nerveux et du contexte global
Lorsque la douleur dure, le système nerveux peut devenir plus vigilant vis-à-vis du dos. Des signaux habituellement anodins sont interprétés comme plus menaçants, ce qui amplifie la perception douloureuse. Cette hypersensibilité est un mécanisme connu, fréquent et réversible.
La fatigue, le stress et la récupération insuffisante influencent également l’évolution de la douleur. Un manque de sommeil, une charge mentale importante ou une accumulation de contraintes quotidiennes limitent les capacités de récupération. Le dos reste alors dans un état de sensibilité élevée, même en l’absence de nouvelle lésion.
L’imagerie médicale n’explique pas toujours la durée des douleurs. Des anomalies peuvent exister sans provoquer de symptômes, tandis qu’une douleur persistante peut s’accompagner d’examens normaux. La durée de la douleur est donc rarement liée à une dégradation progressive des structures.
Dans ce contexte, la rééducation ne vise pas à « réparer » un dos abîmé, mais à restaurer progressivement la capacité à bouger et à supporter les contraintes. Cela passe par une reprise dosée de l’activité, une amélioration de la mobilité et de la force, et une réexposition progressive aux gestes évités, en s’appuyant sur le contrôle neuromoteur et la proprioception.
Concrètement, des douleurs du dos qui durent depuis plusieurs mois ne signifient donc pas que le dos est en train de s’aggraver.
Elles traduisent le plus souvent une sensibilité persistante, qui peut s’améliorer progressivement grâce à une approche active, progressive et réaliste.
Ai-je bien compris?
Des douleurs du dos qui durent depuis plusieurs mois sont fréquentes. Elles ne signifient pas forcément qu’il existe une lésion grave. Le dos peut devenir plus sensible après un premier épisode douloureux. L’évitement ou les reprises trop intenses entretiennent cette sensibilité. Le système nerveux, la fatigue et le stress influencent la douleur. L’amélioration est souvent progressive, avec des fluctuations, mais elle est possible.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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