Lorsqu’un coureur débute une préparation physique en kinésithérapie, une question revient presque systématiquement : faut-il arrêter complètement de courir pendant cette phase ? Cette interrogation est légitime, car la course à pied fait souvent partie intégrante du plaisir, de l’équilibre et de la motivation du coureur. La réponse n’est pas uniforme, mais repose sur une logique d’adaptation plutôt que d’interdiction.
Dans la majorité des cas, la préparation physique en kinésithérapie n’a pas pour objectif d’exclure la course à pied. Elle vise à accompagner la pratique en renforçant la capacité du corps à tolérer les contraintes spécifiques de la course. Courir et se préparer physiquement ne sont donc pas deux démarches opposées, mais complémentaires, à condition que la charge globale soit correctement ajustée.
Adapter la course plutôt que l’arrêter
La question n’est pas tant de savoir s’il est possible de continuer à courir, mais comment continuer à courir. Lorsque la préparation physique débute, le corps est soumis à de nouvelles sollicitations : renforcement musculaire, travail de coordination, amélioration du contrôle et de la stabilité. Ajouter ces contraintes à une pratique de course inchangée peut parfois conduire à une surcharge.
Dans cette phase, plusieurs paramètres peuvent être ajustés :
- le volume total de course hebdomadaire,
- l’intensité ou les allures pratiquées,
- la fréquence des séances,
- la place accordée à la récupération.
Ces ajustements permettent de maintenir la course tout en laissant au corps le temps d’intégrer le travail de préparation physique.
Trouver l’équilibre selon le contexte du coureur
Dans certains cas, notamment lorsque le coureur présente des douleurs, une fatigue excessive ou une fragilité identifiée lors du bilan, il peut être pertinent de réduire temporairement le volume ou l’intensité de la course. Il ne s’agit pas d’un arrêt, mais d’un ajustement stratégique visant à éviter l’accumulation de contraintes.
Chez un coureur sans douleur, continuer à courir pendant une préparation physique est souvent possible, à condition que la progression reste cohérente. La kinésithérapie aide alors à organiser cette progression en tenant compte du niveau, de l’historique et des objectifs. L’objectif n’est pas d’imposer un cadre rigide, mais de permettre une adaptation progressive à l’ensemble des contraintes.
La préparation physique n’a pas vocation à remplacer la course. Elle sert à soutenir la pratique et à limiter l’apparition de compensations. Maintenir un certain volume de course peut ainsi être bénéfique pour :
- conserver les sensations spécifiques de la course,
- maintenir la coordination propre au geste,
- préserver le plaisir et la motivation,
- faciliter la continuité de la pratique.
Le rôle du kinésithérapeute est d’aider à trouver le bon équilibre entre entraînement, renforcement et récupération, afin que la course et la préparation physique se complètent sans se nuire.
Ai-je bien compris?
La préparation physique en kinésithérapie n’implique pas forcément d’arrêter de courir. Dans la majorité des cas, la course peut être maintenue en adaptant la charge globale. Des ajustements temporaires peuvent être nécessaires selon la fatigue ou la présence de douleurs. L’objectif est de permettre une pratique plus confortable et durable.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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