Une fatigue fréquente et spécifique en neurologie
La fatigue est une plainte très fréquente en rééducation neurologique. Elle peut apparaître rapidement, parfois de manière disproportionnée par rapport à l’effort fourni, et s’accompagner de difficultés de concentration ou d’une sensation de saturation mentale. Cette fatigue ne correspond pas uniquement à une baisse d’énergie physique, mais reflète la difficulté du système nerveux à organiser et contrôler le mouvement lorsqu’il ne fonctionne plus de façon automatique.
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Perte des automatismes et coût cognitif du mouvement
Lorsque le système nerveux est perturbé, les gestes qui étaient auparavant réalisés sans y penser demandent désormais un contrôle conscient permanent. Se lever, marcher, maintenir l’équilibre ou coordonner un mouvement sollicite davantage l’attention. Le cerveau compense la perte d’automatismes en mobilisant plus de ressources cognitives, ce qui explique l’apparition rapide de la fatigue, même lors d’exercices de faible intensité ou de gestes simples du quotidien.
Le rôle central de la concentration dans le contrôle moteur
La concentration est un élément central de la rééducation neurologique. Elle permet de guider le mouvement, d’ajuster les gestes et de corriger les erreurs en temps réel :
- maintien de l’attention sur le geste en cours
- ajustement continu du mouvement
- correction des erreurs posturales ou motrices
- limitation des compensations
- sécurisation de l’action
Cette mobilisation attentionnelle constante rend le travail moteur plus exigeant sur le plan mental.
Limites de l’attention et baisse de la qualité du geste
La concentration ne peut pas être maintenue indéfiniment. Lorsque l’attention diminue, la qualité du mouvement se dégrade. Les gestes deviennent moins précis, les compensations augmentent et le risque de déséquilibre ou d’erreur s’accroît. La gestion de l’effort en rééducation neurologique consiste donc à trouver un équilibre entre une stimulation suffisante pour progresser et le respect des capacités attentionnelles du moment.
Gérer l’effort sans provoquer l’épuisement
La rééducation neurologique ne cherche pas à pousser le patient au-delà de ses limites. Les exercices sont choisis et dosés pour rester efficaces sans provoquer un épuisement excessif. La progression se fait par étapes, en tenant compte à la fois de la fatigue physique et de la fatigue mentale. Savoir s’arrêter, récupérer et reprendre au bon moment fait partie intégrante du processus de rééducation et conditionne la qualité du travail réalisé.
Variabilité de la fatigue et adaptation permanente
La fatigue peut varier d’un jour à l’autre. Certains jours, les gestes semblent plus accessibles, d’autres plus difficiles, sans raison immédiatement identifiable :
- qualité du sommeil
- niveau de stress
- environnement et stimulations
- charge cognitive de la journée
- état général du moment
Ces fluctuations sont normales en neurologie. La rééducation en tient compte et s’adapte en permanence, sans imposer un rythme rigide ou uniforme.
Le rôle du kinésithérapeute dans la gestion de l’effort
Le kinésithérapeute accompagne cette gestion de l’effort en observant les signes de fatigue et en ajustant la durée, l’intensité et la complexité des exercices. Il aide le patient à reconnaître ses limites, propose des temps de récupération adaptés et organise les séances de manière à préserver la qualité du mouvement. L’objectif est de permettre un engagement régulier dans la rééducation, sans découragement ni mise en difficulté inutile.
Vers une meilleure autonomie dans la gestion de l’énergie
Apprendre à gérer la fatigue et la concentration fait partie des objectifs fonctionnels de la rééducation neurologique. En comprenant mieux ses réactions et en adaptant ses efforts, le patient peut gagner en autonomie dans ses activités quotidiennes. Cette capacité à doser l’effort permet de maintenir une participation active à la vie quotidienne, même lorsque les ressources énergétiques sont limitées, et contribue à une meilleure qualité de vie sur le long terme.
Ai-je bien compris?
En rééducation neurologique, la fatigue est liée à la perte d’automatismes et à l’effort de concentration nécessaire pour contrôler le mouvement. Chaque geste demande plus d’attention, ce qui peut entraîner une fatigue rapide et variable. La gestion de l’effort vise à trouver un équilibre entre stimulation et récupération. Un travail adapté permet de préserver la qualité du mouvement et l’autonomie au quotidien.
Article proposé par l’équipe des kinés du centre Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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