Une fatigue qui ne correspond pas à l’effort visible
La fatigue ressentie en rééducation neurologique surprend souvent par son intensité. Elle peut apparaître rapidement, parfois après des exercices simples ou peu intenses sur le plan musculaire. Cette fatigue ne s’explique pas uniquement par la dépense physique. Elle est liée au fonctionnement du système nerveux lorsqu’il ne parvient plus à organiser le mouvement de façon automatique.
Après une atteinte neurologique, de nombreux gestes du quotidien demandent un contrôle conscient permanent. Cette mobilisation constante des ressources internes rend l’effort plus coûteux, même lorsque le mouvement paraît modéré de l’extérieur.
La perte des automatismes comme facteur central
En situation habituelle, une grande partie des mouvements est réalisée sans y penser. Le système nerveux gère les ajustements de posture, de coordination et de timing de manière largement automatique.
En neurologie, ces automatismes peuvent être partiellement altérés. Le corps reste capable d’agir, mais le mouvement nécessite davantage de supervision. Cette surveillance permanente explique en grande partie l’apparition rapide de la fatigue.
Cette fatigue peut être liée à :
- un contrôle volontaire plus important du geste
- une attention constante portée au mouvement
- des ajustements posturaux répétés
- une coordination moins fluide
- une augmentation du coût global de l’action
Ces éléments s’additionnent et rendent l’effort plus exigeant.
Une sollicitation accrue de la concentration
La concentration joue un rôle central en rééducation neurologique. Elle permet de guider le mouvement, de corriger les erreurs et d’éviter certaines compensations.
Lorsque l’attention est fortement mobilisée, le système nerveux fonctionne à un niveau d’exigence élevé. Cette sollicitation prolongée peut entraîner une fatigue mentale, parfois aussi marquée que la fatigue physique.
Lorsque la concentration diminue, le geste devient moins précis, plus lent ou plus instable, ce qui peut renforcer la sensation d’épuisement.
Une fatigue souvent variable et fluctuante
La fatigue neurologique n’est pas toujours constante. Elle peut varier selon les jours, les moments de la journée ou le contexte. Des facteurs comme le sommeil, le stress, l’environnement ou la charge cognitive influencent fortement cette fatigue.
Il est donc fréquent qu’un exercice paraisse accessible un jour et beaucoup plus difficile le lendemain, sans que cela traduise une régression.
Cette variabilité est caractéristique du fonctionnement neurologique et doit être intégrée dans la compréhension de la fatigue.
Une fatigue cohérente avec l’effort d’adaptation
La fatigue ressentie en rééducation neurologique reflète l’effort d’adaptation demandé au système nerveux. Elle ne signifie pas nécessairement que le travail est inadapté ou excessif.
La rééducation vise à stimuler suffisamment pour favoriser l’adaptation, tout en respectant les capacités du moment. L’enjeu n’est pas d’éviter la fatigue à tout prix, mais de la gérer pour préserver la qualité du mouvement et la progression fonctionnelle.
Cette gestion repose notamment sur :
- l’adaptation de la durée et de l’intensité
- l’alternance entre effort et récupération
- la prise en compte de la fatigue mentale
- le respect des variations quotidiennes
- la recherche d’un effort tolérable et utile
En pratique, pourquoi cette fatigue est fréquente
La rééducation neurologique provoque souvent de la fatigue car elle sollicite fortement le système nerveux. Les gestes demandent plus d’attention, les automatismes sont moins efficaces et l’effort d’organisation du mouvement est plus important. Cette fatigue est cohérente avec le travail demandé et fait partie du processus d’adaptation, à condition d’être correctement gérée.
Ai-je bien compris?
La fatigue en rééducation neurologique est liée à la perte des automatismes et à la mobilisation constante de la concentration. Même des gestes simples peuvent devenir coûteux, car le système nerveux doit contrôler le mouvement de manière plus consciente. Cette fatigue peut varier d’un jour à l’autre et ne traduit pas forcément une aggravation. Une gestion adaptée de l’effort permet de préserver la qualité du travail et la progression fonctionnelle.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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