Difficultés rencontrées dans les actions simples de la vie quotidienne
Après un accident vasculaire cérébral, ce ne sont pas toujours les gestes complexes qui posent le plus de difficulté, mais souvent les actions les plus simples du quotidien. Se lever d’une chaise, s’habiller, se retourner dans le lit, utiliser ses deux mains ou se déplacer dans son logement peuvent devenir coûteux, lents ou incertains. Ces difficultés ont un impact direct sur l’autonomie et la confiance. La rééducation après un AVC accorde donc une place centrale à la reprise des gestes du quotidien, non pas pour retrouver une gestuelle parfaite, mais pour permettre d’agir de manière plus efficace et plus sûre dans la vie réelle, dans des situations concrètes et répétées.
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Altération de l’automaticité et de l’organisation du mouvement après un AVC
Un AVC peut modifier la coordination, l’équilibre, la perception du corps et la capacité à organiser un mouvement. Des gestes auparavant automatiques demandent désormais plus de concentration et d’effort. Il peut devenir difficile de coordonner les différentes parties du corps, d’anticiper un mouvement ou de gérer les transitions entre deux positions. Cette perte d’automaticité oblige le patient à réfléchir davantage à ses actions. La rééducation prend en compte ces changements pour aider le patient à reconstruire des gestes fonctionnels adaptés à ses capacités actuelles et à son environnement quotidien.
Des gestes du quotidien qui sollicitent plusieurs fonctions simultanément
Les gestes du quotidien sont souvent complexes car ils mobilisent plusieurs fonctions simultanément. Se lever d’un fauteuil nécessite un contrôle du tronc, un bon placement des appuis et une gestion de l’équilibre. S’habiller demande de coordonner les bras, les mains et la posture. Se retourner dans le lit implique une organisation précise du corps dans l’espace. Lorsque le système nerveux est perturbé, cette organisation peut être altérée. La rééducation vise alors à décomposer ces gestes, à les rendre plus accessibles, puis à les réintégrer progressivement dans des situations concrètes, proches de la réalité du patient.
Donner la priorité à l’efficacité fonctionnelle plutôt qu’à la perfection gestuelle
La priorité est donnée à la fonction. Un geste peut être lent, asymétrique ou demander plus d’attention, mais s’il permet d’accomplir une action essentielle de manière sécurisée, il est considéré comme fonctionnel. La rééducation ne cherche pas à corriger chaque détail du mouvement, mais à aider le patient à trouver des stratégies efficaces pour répondre aux exigences du quotidien.
- agir de manière sécurisée
- limiter l’effort inutile
- rendre le geste reproductible
Cette approche pragmatique permet de limiter la frustration, d’éviter l’épuisement et de favoriser l’engagement actif du patient dans sa rééducation.
Adapter la reprise des gestes aux variations de fatigue et de capacités
La reprise des gestes du quotidien tient compte de la fatigue et des variations de capacités. Certains jours, les actions semblent plus faciles, d’autres plus difficiles. Ces fluctuations sont normales après un AVC et peuvent dépendre de nombreux facteurs, comme la fatigue, l’attention ou le contexte. La rééducation s’adapte à ces variations en ajustant le rythme, la durée et la complexité des exercices. L’objectif est de consolider les gestes les plus utiles, sans provoquer d’épuisement excessif ni découragement.
Observer les gestes dans des situations proches de la vie réelle
Le rôle du kinésithérapeute est d’observer comment les gestes sont réalisés dans des situations proches de la réalité quotidienne. Il identifie les stratégies qui facilitent l’action et celles qui augmentent l’effort ou le risque. Il accompagne le patient dans l’apprentissage de nouvelles manières de faire, en tenant compte de l’environnement, des habitudes de vie et des priorités personnelles. Cette adaptation permet de rendre la rééducation plus pertinente et directement applicable au quotidien, en lien avec les besoins réels du patient.
Comprendre le geste pour renforcer l’autonomie au quotidien
La compréhension du geste joue également un rôle important. Savoir comment se positionner, comment répartir l’effort ou comment anticiper un mouvement aide à gagner en autonomie.
- meilleure organisation du corps
- anticipation des transitions
- gestion plus efficace de l’effort
- participation active du patient
En comprenant mieux ce qui facilite l’action, le patient peut devenir plus actif dans la gestion de ses gestes et de ses activités quotidiennes.
Une reprise progressive des gestes du quotidien après un AVC
Reprendre les gestes du quotidien après un AVC est un processus progressif. Chaque amélioration, même modeste, contribue à rendre la vie plus fluide et plus autonome. La rééducation accompagne cette évolution sans précipitation, en respectant le rythme du patient. Elle place toujours l’utilité, la sécurité et la confiance au centre du travail, afin de permettre au patient de rester acteur de sa vie quotidienne, malgré les difficultés persistantes.
Ai-je bien compris?
Après un AVC, les gestes du quotidien peuvent devenir difficiles à cause de troubles de coordination, d’équilibre et d’organisation du mouvement. La rééducation vise à reconstruire des gestes fonctionnels et sécurisés, adaptés aux capacités du patient, en tenant compte de la fatigue et des variations quotidiennes. L’objectif est de favoriser une reprise progressive, utile et confiante de la vie quotidienne.
Article proposé par l’équipe des kinésithérapeutes du centre Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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