Lorsque la respiration semble se bloquer dans l’asthme, la sensation peut être brutale. L’air paraît entrer, mais sortir difficilement. Cette impression correspond le plus souvent à une contraction des muscles entourant les bronches, associée à une inflammation déjà présente. Le diamètre des voies respiratoires diminue temporairement, ce qui freine l’expulsion de l’air.
Comprendre ce mécanisme permet d’éviter des réactions inadaptées. Accélérer la respiration ou multiplier les inspirations rapides augmente le travail ventilatoire sans améliorer le passage de l’air. L’objectif immédiat est de réduire la charge respiratoire et d’agir de manière structurée.
Stabiliser la respiration et réduire la contrainte
La première étape consiste à interrompre l’activité en cours. Continuer un effort alors que les bronches se resserrent accentue la demande ventilatoire et majore la gêne.
Les actions immédiates recommandées sont :
- arrêter l’effort et se mettre au repos
- adopter une position assise, tronc légèrement incliné vers l’avant
- desserrer tout vêtement comprimant le thorax ou l’abdomen
- privilégier une expiration lente et prolongée plutôt que des inspirations répétées
La position assise, avec appui des avant-bras si nécessaire, permet de stabiliser la ceinture scapulaire et d’optimiser l’action des muscles respiratoires. Une expiration prolongée favorise la vidange de l’air piégé dans les poumons, ce qui limite l’augmentation du volume thoracique et la sensation de blocage.
Utiliser le traitement de secours selon le plan médical
Le bronchodilatateur de secours prescrit par le pneumologue constitue l’élément central de la conduite à tenir. Il agit en relâchant rapidement les muscles bronchiques, ce qui élargit le calibre des bronches.
Son utilisation doit respecter strictement les consignes données lors du suivi médical. Le nombre de prises, l’intervalle éventuel entre les inhalations et les critères d’évaluation sont définis dans le plan d’action personnalisé. Il ne faut ni improviser ni modifier la stratégie sans indication médicale.
Après administration, une amélioration est généralement attendue dans un délai court. Il est alors important d’observer attentivement l’évolution de la respiration.
Évaluer la réponse et décider
La surveillance dans les minutes qui suivent est essentielle. L’évolution oriente la décision à prendre.
Il convient de distinguer :
- une amélioration nette et rapide du souffle
- une amélioration partielle
- une absence d’amélioration malgré le traitement
- une aggravation progressive de la gêne
En cas d’amélioration franche, une surveillance reste nécessaire et un avis médical peut être envisagé selon les recommandations du plan personnalisé. Si l’amélioration est partielle ou absente, il faut appliquer les étapes prévues par le pneumologue, qui peuvent inclure une consultation rapide ou un recours aux urgences.
Certains signes imposent de solliciter immédiatement une aide médicale : difficulté à parler en phrases complètes, respiration très rapide et inefficace, sensation d’épuisement marqué ou inefficacité du traitement de secours selon les critères établis par le médecin.
La clé est de ne jamais rester isolé face à une absence d’amélioration. Le plan d’action élaboré avec le pneumologue doit servir de référence constante.
Agir rapidement, mais de manière structurée et conforme aux recommandations médicales, permet de sécuriser la situation et de limiter l’intensité de la crise.
Ai-je bien compris?
Quand la respiration se bloque dans l’asthme, les bronches se rétrécissent et l’air sort difficilement. Il faut d’abord arrêter l’effort, adopter une position stable et privilégier une expiration lente. Le bronchodilatateur de secours doit être utilisé selon les consignes du pneumologue. L’évolution dans les minutes suivantes guide la décision. En l’absence d’amélioration ou en cas d’aggravation, un avis médical rapide est indispensable. Le plan d’action personnalisé reste la référence pour agir en sécurité.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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