Un gonflement qui peut persister malgré l’amélioration de la douleur
Après une entorse de cheville, il est fréquent de constater que le gonflement persiste alors que la douleur diminue nettement. Cette situation peut surprendre, surtout lorsque la marche redevient possible et que les gestes du quotidien semblent plus faciles. Pourtant, un gonflement prolongé n’est pas forcément le signe d’une aggravation ou d’un échec de la récupération.
Lors d’une entorse, les tissus ligamentaires et péri-articulaires réagissent par une inflammation locale. Cette réaction entraîne une accumulation de liquide destinée à protéger la zone et à permettre la réparation. Si la phase douloureuse aiguë se calme relativement vite, l’élimination complète de cet excès de liquide est souvent plus lente, ce qui explique la persistance d’un œdème résiduel.
La circulation et la position de la cheville
La cheville est particulièrement exposée aux phénomènes de gonflement en raison de sa position basse par rapport au cœur. Le retour veineux et lymphatique y est naturellement plus sollicité, notamment lors des périodes prolongées en position debout ou assise. Après une entorse, ces systèmes de drainage peuvent fonctionner de manière moins efficace.
Le gonflement a alors tendance à :
- augmenter en fin de journée,
- fluctuer selon le niveau d’activité,
- diminuer après une période de repos,
- persister même lorsque la douleur est faible.
Ces variations traduisent souvent un drainage encore insuffisant plutôt qu’un problème structurel grave.
Le rôle du mouvement et de la mobilité
Le mouvement joue un rôle essentiel dans le drainage des liquides. Après une entorse, la cheville est fréquemment raide, notamment dans les mouvements nécessaires à une marche fluide. Cette diminution de mobilité limite l’action de la pompe musculaire et ralentit l’évacuation de l’œdème.
Tant que la cheville ne retrouve pas des amplitudes fonctionnelles suffisantes, le gonflement peut persister, même en l’absence de douleur marquée. La récupération de la mobilité participe donc directement à la diminution progressive de l’œdème.
Charge, contrôle et adaptation de l’articulation
Lorsque l’appui est repris, la cheville est de nouveau soumise à des contraintes mécaniques. Si ces contraintes dépassent temporairement la capacité d’adaptation des tissus, une réaction inflammatoire modérée peut apparaître. Le gonflement devient alors une réponse d’adaptation plutôt qu’un signe de nouvelle lésion.
Plusieurs éléments peuvent entretenir ce phénomène :
- une tolérance encore limitée à la charge,
- un contrôle neuromoteur imparfait,
- une proprioception altérée après l’entorse,
- des micro-ajustements répétés à l’appui.
Ces micro-instabilités sollicitent les tissus péri-articulaires et peuvent maintenir un œdème léger mais durable, tant que la cheville n’a pas retrouvé un fonctionnement stable et précis.
Quand le gonflement doit-il alerter ?
Un gonflement résiduel qui diminue lentement avec l’évolution fonctionnelle est généralement compatible avec une récupération normale. En revanche, un œdème qui augmente nettement, s’accompagne d’une douleur croissante ou limite de plus en plus la mobilité nécessite une réévaluation médicale. Dans ce cas, la charge récente et l’évolution de la fonction doivent être analysées.
Ai-je bien compris?
Il est fréquent qu’une cheville reste gonflée après une entorse, même lorsque la douleur diminue. Ce gonflement est lié à la réaction inflammatoire initiale et à un drainage plus lent. La position basse de la cheville, la mobilité réduite et la reprise de l’appui peuvent l’entretenir. Des micro-instabilités peuvent également solliciter les tissus. Tant que le gonflement diminue progressivement, cela reste compatible avec une récupération normale. Une aggravation franche doit en revanche alerter.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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