Après un traumatisme, il n’est pas rare de constater que des gestes ordinaires deviennent plus exigeants qu’avant. Se lever, marcher, se pencher, rester debout ou enchaîner plusieurs actions peut demander davantage d’effort ou de concentration, même lorsque la douleur a nettement diminué.
Cette difficulté ne signifie pas que la blessure n’a pas cicatrisé. Elle reflète surtout une récupération fonctionnelle encore incomplète, liée à plusieurs mécanismes qui dépassent la lésion elle-même.
Une perte globale de capacités, même pour des gestes simples
Un traumatisme s’accompagne presque toujours d’une réduction des sollicitations. Qu’il y ait eu immobilisation ou simple limitation des mouvements, le corps perd rapidement certaines capacités.
Or, un geste du quotidien n’est jamais isolé : il mobilise simultanément la force, la mobilité, l’endurance et la coordination.
Lorsque ces éléments ne sont pas encore pleinement restaurés, le mouvement reste possible, mais il devient plus coûteux et moins fluide.
Après un traumatisme, plusieurs capacités peuvent rester diminuées :
- la force nécessaire pour initier ou maintenir le geste,
- l’endurance permettant de répéter l’action sans fatigue rapide,
- la mobilité utile pour réaliser le mouvement sans compensation,
- la coordination entre les différents segments du corps.
Même une limitation modérée suffit à rendre un geste banal plus difficile qu’avant.
Des adaptations du contrôle du mouvement qui persistent
Au-delà des capacités physiques, le corps modifie aussi la manière de bouger.
Après une blessure, le système nerveux adopte des stratégies protectrices : certaines zones sont moins sollicitées, les mouvements deviennent plus prudents, parfois plus rigides. Ces adaptations sont utiles au début, mais elles peuvent persister alors que la cicatrisation progresse.
Le geste devient alors moins automatique. Il demande davantage d’attention et de contrôle volontaire, ce qui explique la sensation de maladresse ou de manque de fluidité décrite par de nombreux patients.
Ces adaptations peuvent se traduire par :
- des appuis modifiés ou asymétriques,
- une amplitude réduite dans certains mouvements,
- une coordination moins efficace entre les muscles,
- une augmentation rapide de la fatigue à l’effort.
Le mouvement reste possible, mais il est moins économique.
Une fatigue plus rapide qui complique le quotidien
Lorsque le corps compense, il dépense plus d’énergie pour un même geste.
Un effort auparavant insignifiant peut alors provoquer une fatigue précoce, parfois disproportionnée par rapport à l’intensité de l’activité. Cette fatigue n’est pas anormale : elle traduit simplement une tolérance à l’effort encore diminuée.
C’est souvent cette fatigue, plus que la douleur, qui limite la reprise des gestes du quotidien.
Alors, pourquoi ces gestes sont-ils difficiles ?
Parce qu’après un traumatisme, le corps n’a pas encore retrouvé toutes ses capacités fonctionnelles, même si la lésion est consolidée.
Les gestes simples deviennent difficiles lorsque la force, l’endurance, la mobilité et le contrôle du mouvement ne sont pas encore suffisamment réadaptés aux exigences réelles de la vie quotidienne.
La rééducation vise précisément à restaurer ces capacités de façon progressive, afin que les gestes redeviennent naturels, fluides et peu coûteux en énergie.
Ai-je bien compris?
Après un traumatisme, les gestes simples peuvent devenir difficiles même en l’absence de douleur importante. Cela s’explique par une perte de force, d’endurance et de mobilité, mais aussi par des adaptations du contrôle du mouvement. Le corps compense pour se protéger, ce qui rend le geste moins fluide et plus fatigant. La difficulté ne signifie pas que la blessure n’est pas guérie, mais que la récupération fonctionnelle n’est pas encore complète. La rééducation permet de restaurer progressivement ces capacités pour retrouver des gestes du quotidien plus naturels.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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