La douleur située entre les omoplates surprend souvent, car elle apparaît sans événement marquant. Il n’y a ni chute, ni faux mouvement évident, ni effort inhabituel auquel rattacher clairement le début des symptômes. Cette absence de cause identifiable peut inquiéter. Pourtant, dans la grande majorité des cas, cette douleur correspond à une réaction fonctionnelle du haut du dos face à des contraintes répétées ou mal réparties, et non à une atteinte grave.
Une zone sollicitée en permanence
La région entre les omoplates participe en continu à la stabilité du buste et à l’organisation des mouvements des bras. Elle intervient dès que les épaules bougent, que le regard se projette vers l’avant ou que la posture est maintenue sur la durée. Lorsque ces sollicitations deviennent trop constantes, sans variation suffisante, la tolérance locale peut diminuer. La douleur apparaît alors de manière progressive, sans déclencheur précis.
Dans ce contexte, plusieurs éléments peuvent contribuer à la surcharge :
- maintien prolongé d’une position assise ou penchée vers l’avant,
- travail des bras devant le corps sans alternance,
- fatigue générale limitant l’endurance des muscles posturaux,
- diminution de la mobilité naturelle du rachis dorsal.
Ces facteurs n’agissent pas isolément ; ils s’additionnent et finissent par dépasser la capacité d’adaptation du haut du dos à un moment donné.
Mobilité, coordination et répartition des contraintes
Le rachis dorsal est conçu pour participer aux rotations et aux extensions du tronc, même s’il est moins mobile que d’autres segments. Lorsque cette mobilité est réduite, volontairement ou non, certaines zones travaillent davantage pour compenser. Les muscles situés entre les omoplates peuvent alors être sollicités de façon excessive, notamment pour stabiliser des épaules peu mobiles ou fatiguées.
La coordination joue également un rôle important. Si les épaules et le tronc ne partagent plus efficacement le mouvement, les contraintes se concentrent localement. Le système nerveux, très attentif à cette région clé pour l’équilibre, peut devenir plus réactif. La douleur ne traduit pas une lésion, mais une sensibilité accrue liée à la répétition et à la charge.
Dans ce cadre, la douleur peut prendre différentes formes :
- sensation de brûlure ou de tension diffuse,
- gêne profonde difficile à localiser précisément,
- douleur variable selon la posture ou la fatigue,
- inconfort plus marqué en fin de journée.
Pourquoi le repos strict aide rarement
Face à cette douleur, l’immobilité totale est rarement bénéfique. Rester longtemps sans bouger augmente la raideur et réduit encore la tolérance des tissus. À l’inverse, redonner de la variété aux mouvements permet souvent de diminuer la surcharge locale.
L’enjeu n’est pas de corriger une posture parfaite, mais de réintroduire progressivement du mouvement :
- changements réguliers de position,
- mouvements doux du tronc et des épaules,
- alternance entre effort et récupération,
- exposition progressive aux contraintes habituelles.
Cette approche aide le haut du dos à retrouver une capacité d’adaptation plus large et rassure le système nerveux sur la possibilité de bouger sans danger.
Ai-je bien compris?
La douleur entre les omoplates apparaît souvent sans cause précise, par surcharge progressive du haut du dos. Cette zone est sollicitée en permanence pour la posture et les mouvements des bras. Lorsque les contraintes deviennent trop répétitives ou mal réparties, la tolérance diminue. La douleur est réelle mais généralement bénigne. Elle varie selon la fatigue et les positions. Le repos strict n’est pas indispensable. Introduire du mouvement et de la variété aide le plus souvent à améliorer la situation.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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