Une altération du déclenchement automatique des séquences motrices
Dans la maladie de Parkinson, le mouvement n’est pas seulement plus lent ou plus petit. C’est aussi son déclenchement qui peut être perturbé. Marcher repose sur une organisation automatique très précise : avant même que le pied ne quitte le sol, le corps ajuste la posture, déplace légèrement le centre de gravité et prépare la séquence motrice suivante.
Lorsque l’altération neurologique atteint ce système de déclenchement automatique, le passage de l’intention à l’action devient moins fluide. L’idée de marcher est présente, mais le premier pas tarde à s’exprimer. Cette difficulté d’initiation fait partie des manifestations motrices fréquentes dans la maladie.
Ce phénomène ne correspond pas à une absence de mouvement, mais à un retard dans l’enclenchement de la séquence motrice.
Un décalage entre intention et mise en action
Démarrer la marche nécessite une coordination fine entre posture et mouvement. Le corps doit d’abord transférer le poids sur un appui, puis libérer l’autre pied pour qu’il avance. Cette transition se fait habituellement sans y penser.
Lorsque le déclenchement automatique est moins efficace, cette transition devient plus difficile. Il peut apparaître :
- un temps d’hésitation avant le premier pas,
- une impression que les pieds restent fixés au sol,
- plusieurs micro-ajustements avant d’avancer,
- une nécessité de se concentrer davantage pour lancer le mouvement.
La marche peut ensuite se dérouler plus facilement une fois le premier pas franchi, ce qui souligne que la difficulté concerne surtout l’initiation.
Des situations où le démarrage est plus délicat
La difficulté à démarrer peut être plus marquée dans certaines situations du quotidien. Elle apparaît souvent après un arrêt, au lever d’une chaise ou lors d’un changement de direction.
On observe notamment :
- un démarrage plus lent après une immobilité,
- une hésitation dans les espaces étroits,
- une majoration lors des doubles tâches,
- une variabilité selon les moments de la journée.
Ces situations sollicitent davantage l’organisation motrice et la régulation posturale, ce qui peut accentuer le retard d’initiation.
L’objectif de la rééducation : structurer le premier pas
La rééducation s’appuie sur cette compréhension du mécanisme. Le travail porte sur l’organisation du démarrage, la préparation posturale et la structuration du premier pas. Il s’agit d’entretenir la capacité d’initiation et de favoriser une mise en action plus organisée.
Des stratégies peuvent être utilisées pour faciliter le déclenchement, comme le rythme, les repères visuels ou la préparation consciente du transfert de poids. L’objectif n’est pas de supprimer totalement les difficultés, mais de maintenir une capacité de démarrage fonctionnelle dans les situations courantes.
Ai-je bien compris?
Dans la maladie de Parkinson, la difficulté à démarrer la marche vient d’un trouble du déclenchement automatique des mouvements. L’intention de marcher est présente, mais le premier pas peut tarder à se mettre en place. Cette difficulté concerne surtout la transition entre l’arrêt et le mouvement. Certaines situations du quotidien peuvent accentuer ce retard d’initiation. La rééducation vise à travailler l’organisation du premier pas afin de préserver une mise en action fonctionnelle.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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