Après un traumatisme articulaire, il est fréquent de constater que certains gestes restent plus difficiles qu’avant. Se baisser, pivoter, porter une charge ou changer rapidement d’appui peut sembler moins fluide, moins naturel, parfois accompagné d’une appréhension. Cette situation est souvent source d’incompréhension, surtout lorsque la douleur a nettement diminué et que la cicatrisation est considérée comme acquise.
Ces difficultés persistantes ne traduisent pas forcément la présence d’une lésion encore active. Elles reflètent le plus souvent une récupération fonctionnelle incomplète, liée au fonctionnement global de l’articulation et à la manière dont le mouvement est contrôlé.
Une récupération tissulaire plus rapide que la récupération fonctionnelle
Après un traumatisme, les tissus articulaires suivent un processus de cicatrisation relativement prévisible. En revanche, la capacité de l’articulation à fonctionner efficacement dans des gestes complexes évolue plus lentement. Certains mouvements sollicitent simultanément la mobilité, la stabilité et l’adaptation à la charge, ce qui les rend plus exigeants que des gestes simples.
Dans ce contexte, des limitations discrètes peuvent persister sans être douloureuses, mais suffisent à rendre le geste moins sûr ou plus coûteux.
- une mobilité légèrement réduite modifiant la mécanique du mouvement
- une perte de fluidité dans l’enchaînement des gestes
- une augmentation de l’effort musculaire pour compenser
- une sensation de contrôle moins précis dans certaines positions
Ces éléments expliquent pourquoi des gestes ordinaires peuvent rester difficiles alors que l’articulation semble « guérie ».
Un contrôle du mouvement encore insuffisamment réadapté
Au-delà des tissus, un traumatisme perturbe la façon dont l’articulation est contrôlée. Les muscles peuvent manquer de coordination ou de réactivité, notamment lors de mouvements rapides ou combinés. Le système nerveux reçoit parfois des informations moins fiables sur la position de l’articulation, ce qui altère l’anticipation du geste.
Cette situation devient particulièrement visible lorsque le geste implique plusieurs contraintes à la fois :
- variation de charge ou de vitesse
- changement imprévu de direction
- appui asymétrique ou instable
- enchaînement de mouvements successifs
Dans ces conditions, l’articulation peut être fonctionnelle au repos mais mise en difficulté dès que le geste devient plus complexe.
Le rôle des adaptations et de la fatigue
Après un traumatisme, il est fréquent que des stratégies de protection s’installent inconsciemment. Le corps modifie la manière de bouger pour éviter certaines positions jugées à risque. Si ces adaptations peuvent être rassurantes à court terme, elles limitent parfois l’exposition progressive aux contraintes nécessaires à une récupération complète.
La fatigue joue également un rôle important. Un système articulaire encore en phase d’adaptation tolère moins bien l’accumulation de sollicitations. En fin de journée ou après un effort prolongé, le contrôle devient moins précis, rendant certains gestes plus difficiles ou plus hésitants.
Ai-je bien compris?
Après un traumatisme articulaire, certains gestes peuvent rester difficiles même si la douleur a diminué. Cela ne signifie pas forcément qu’une lésion persiste. La récupération fonctionnelle est souvent plus lente que la cicatrisation des tissus. Une légère raideur, un déficit de coordination ou un contrôle du mouvement encore imparfait peuvent suffire à compliquer certains gestes. Les mouvements complexes révèlent davantage ces limites que les gestes simples. La fatigue et les adaptations de protection accentuent parfois ces difficultés. Il s’agit le plus souvent d’une adaptation encore incomplète du système articulaire.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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