kiné sport versailles, nos spécialités, Rééducation des traumatismes : principes, récupération et reprise, Pourquoi ai-je perdu autant de muscle après un plâtre

Après le retrait d’un plâtre, il est fréquent de constater une diminution visible du volume musculaire. Le membre paraît plus fin, parfois nettement plus fin que l’autre côté. Cette différence peut surprendre, surtout lorsque l’immobilisation n’a duré que quelques semaines. Pourtant, cette perte musculaire correspond à un mécanisme biologique attendu.
Le terme médical utilisé pour décrire cette diminution est “atrophie musculaire”. L’atrophie signifie simplement une réduction du volume d’un tissu. Dans le cas du muscle, cela correspond à une diminution de la taille des fibres musculaires, c’est-à-dire des cellules qui composent le muscle.

Le muscle s’adapte rapidement au manque de sollicitation

Un muscle existe pour produire un mouvement et supporter des contraintes. Lorsqu’il est utilisé régulièrement, il maintient son volume et sa capacité de contraction. En revanche, lorsqu’il n’est plus sollicité, il s’adapte en réduisant progressivement sa masse.

Plusieurs mécanismes participent à cette adaptation :

Le corps fonctionne selon un principe d’efficacité : un tissu peu utilisé devient plus “économe”. Produire et entretenir du muscle consomme de l’énergie. Si un membre est immobilisé dans un plâtre, les contractions sont fortement limitées. Les fibres musculaires reçoivent moins de signaux de contraction et moins de contraintes mécaniques. En réponse, elles diminuent de taille.
Cette adaptation peut être rapide. Des études montrent qu’une perte mesurable de masse musculaire peut apparaître en quelques jours d’immobilisation complète. La fonte est souvent plus marquée dans les muscles qui assurent le maintien contre la gravité, comme ceux de la cuisse ou du mollet.
Il est important de distinguer cette atrophie d’une lésion musculaire. Dans l’atrophie liée à l’immobilisation, les fibres ne sont pas déchirées. Elles sont simplement moins volumineuses.

La récupération demande une re-sollicitation progressive

Si la perte peut être rapide, la récupération est généralement plus lente. Le muscle doit être stimulé à nouveau pour retrouver progressivement son volume et sa force.

Plusieurs éléments interviennent dans cette phase :

La synthèse protéique correspond au processus par lequel le corps fabrique les protéines nécessaires à la structure musculaire. Lorsqu’un muscle est peu sollicité, cette synthèse diminue. Lors de la reprise d’activité, elle augmente progressivement.
Il existe également une adaptation dite neuromusculaire. Cela signifie que la commande nerveuse qui active le muscle doit se réajuster. Après une immobilisation, la coordination peut être moins efficace. Cette adaptation ne traduit pas une atteinte nerveuse, mais une désadaptation fonctionnelle liée au non-usage.
La récupération dépend de plusieurs facteurs : durée de l’immobilisation, âge, niveau d’activité antérieur, régularité de la re-sollicitation. Dans la majorité des cas, le muscle retrouve progressivement son volume avec un travail adapté et progressif.
La perte observée après un plâtre est donc une réponse biologique cohérente au manque de sollicitation, et non un signe d’anomalie structurelle.

Ai-je bien compris?

Après un plâtre, la perte musculaire correspond à une atrophie, c’est-à-dire une diminution du volume des fibres musculaires. Cette adaptation survient parce que le muscle n’est plus suffisamment sollicité pendant l’immobilisation. Le corps réduit alors sa masse pour économiser de l’énergie. Il ne s’agit pas d’une déchirure, mais d’une réduction de taille des fibres. La récupération est progressive et dépend de la reprise graduelle des contractions et des charges.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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