Après un AVC, certaines situations peuvent surprendre. Il peut arriver, par exemple, de ne pas utiliser spontanément un bras, de ne pas prêter attention à ce qui se passe d’un côté, ou d’avoir l’impression qu’une partie du corps est moins “présente”.
Cette impression ne vient pas d’un oubli volontaire. Elle correspond à une modification précise du fonctionnement du cerveau, en particulier des zones qui permettent de répartir l’attention et de construire la perception de l’espace et du corps.
Une atteinte des zones cérébrales qui orientent l’attention dans l’espace
Dans le cerveau, certaines régions ont pour rôle de diriger l’attention vers l’environnement. Elles permettent de prendre en compte ce qui se trouve à gauche comme à droite, sans avoir besoin d’y penser consciemment.
Après un AVC, ces régions peuvent être touchées. Lorsqu’elles fonctionnent moins bien, le cerveau perd une partie de sa capacité à orienter automatiquement l’attention vers un côté de l’espace.
Cela explique pourquoi ce côté est moins pris en compte : non pas parce qu’il a disparu, mais parce que le système qui permet de l’explorer en permanence est perturbé.
Un déséquilibre entre les deux hémisphères du cerveau
Le cerveau fonctionne avec deux hémisphères qui participent ensemble à l’attention spatiale, mais de manière complémentaire.
les deux hémisphères participent à l’attention spatiale, mais les lésions de l’hémisphère droit entraînent plus souvent une négligence plus marquée et plus durable.
Après un AVC, si cet équilibre est rompu, un côté du cerveau ne peut plus compenser correctement l’autre.
- l’hémisphère atteint n’assure plus pleinement son rôle,
- l’autre hémisphère devient dominant,
- l’attention se dirige préférentiellement vers un côté,
- le côté opposé est moins exploré,
- ce déséquilibre s’installe de manière automatique.
Ce mécanisme explique pourquoi l’attention peut rester “attirée” d’un côté.
Une difficulté à attribuer de l’importance aux informations
Le cerveau reçoit en permanence de nombreuses informations. Pour fonctionner efficacement, il doit sélectionner celles qui sont importantes.
Après un AVC, ce système de sélection peut être perturbé. Les informations venant d’un côté peuvent être traitées comme moins prioritaires.
Elles sont bien présentes, mais elles n’attirent pas suffisamment l’attention pour être intégrées dans la perception globale.
C’est pour cette raison que ce côté peut sembler “oublié” : le cerveau ne lui donne pas le même poids dans le traitement de l’information.
Une intégration incomplète dans les actions
Pour agir, le cerveau doit intégrer l’ensemble des informations disponibles afin de construire une représentation cohérente de la situation.
Après un AVC, cette intégration peut être partielle. Les informations venant d’un côté sont moins utilisées pour organiser les gestes et les comportements.
Cela signifie que ce côté peut être moins impliqué dans les actions, non pas parce qu’il est inutilisable, mais parce qu’il est moins intégré dans la planification globale.
Un phénomène qui dépend des ressources du cerveau
Ce fonctionnement n’est pas constant. Il dépend des ressources disponibles à un moment donné.
Lorsque l’attention est fortement sollicitée ou lorsque la fatigue augmente, le cerveau a plus de difficulté à répartir ses ressources.
- dans des situations complexes, l’attention se concentre sur un seul côté,
- la fatigue réduit la capacité à explorer l’espace de manière équilibrée,
- certaines tâches demandant beaucoup de concentration accentuent le phénomène,
- un environnement riche en informations peut déséquilibrer davantage l’attention,
- dans certaines situations, une focalisation volontaire peut aider à mieux prendre en compte ce côté .
Ces variations montrent que le phénomène dépend directement de la manière dont le cerveau gère ses ressources.
Ai-je bien compris?
Après un AVC, l’impression d’oublier un côté du corps ne vient pas d’un problème de mémoire. Elle s’explique par une atteinte des zones du cerveau qui orientent l’attention et organisent la perception de l’espace. Le cerveau ne répartit plus l’attention de manière équilibrée, ce qui fait qu’un côté est moins pris en compte. Les informations sont présentes, mais elles sont moins traitées et moins intégrées dans les actions. Ce phénomène dépend aussi de la fatigue et de la concentration.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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