Monter et descendre les escaliers fait partie des gestes du quotidien qui interrogent le plus lorsqu’on souffre d’arthrose du genou. Beaucoup de personnes constatent que ce mouvement devient plus difficile, plus fatigant ou plus inconfortable que la marche sur terrain plat. Cette gêne est fréquente et ne signifie pas automatiquement qu’il faut éviter les escaliers, mais elle mérite d’être comprise.
Des contraintes mécaniques spécifiques pour le genou
Les escaliers imposent au genou des contraintes particulières. À la montée, le genou doit produire un effort important pour soulever le poids du corps. À la descente, il doit au contraire contrôler le mouvement et freiner la charge. Ces sollicitations sont plus élevées que lors de la marche, surtout au niveau des surfaces articulaires déjà sensibles en cas d’arthrose.
Lorsque le cartilage est altéré, l’articulation tolère moins bien ces charges répétées. Cela peut provoquer une gêne, une raideur ou une sensation de fatigue articulaire, parfois même en l’absence de douleur franche immédiate.
Le rôle de la force, du contrôle et de la mobilité
La difficulté dans les escaliers ne dépend pas uniquement de l’état de l’articulation. Elle reflète souvent un ensemble de capacités encore limitées. Une force musculaire insuffisante, notamment au niveau des muscles de la cuisse et de la hanche, rend l’effort plus coûteux. Une mobilité articulaire réduite modifie la mécanique du geste et augmente les contraintes internes.
Dans ce contexte, plusieurs éléments peuvent rendre les escaliers plus difficiles :
- une fatigue musculaire rapide lors de la montée,
- un contrôle moins précis du mouvement à la descente,
- une raideur qui limite l’amplitude nécessaire,
- une appréhension liée à la peur de mal poser le pied.
Ces facteurs se combinent et expliquent pourquoi certaines personnes tolèrent mieux un étage occasionnel que des escaliers répétés au cours de la journée.
Adapter le geste plutôt que l’éviter
Pouvoir continuer à utiliser les escaliers dépend surtout de la capacité du genou à supporter progressivement ces contraintes. Éviter systématiquement les escaliers peut limiter l’exposition nécessaire à l’adaptation fonctionnelle. À l’inverse, les solliciter sans tenir compte des réactions du genou peut majorer les symptômes.
L’enjeu est donc d’ajuster la charge :
- en tenant compte de la fatigue au fil de la journée,
- en respectant les réactions retardées du genou,
- en alternant avec d’autres modes de déplacement si nécessaire,
- en acceptant que certaines phases soient plus sensibles que d’autres.
La tolérance aux escaliers peut ainsi évoluer dans le temps, à mesure que le contrôle du mouvement et la capacité à supporter l’effort s’améliorent.
Une difficulté variable et non linéaire
Il est courant que la gêne dans les escaliers varie d’un jour à l’autre. Un genou peut être relativement confortable un jour et plus sensible le lendemain, sans que cela traduise une aggravation de l’arthrose. Cette variabilité reflète surtout l’équilibre entre les contraintes imposées et la capacité d’adaptation du moment.
Ainsi, monter et descendre les escaliers avec une arthrose du genou est généralement possible, mais demande une adaptation progressive et une attention aux signaux envoyés par l’articulation.
Ai-je bien compris?
Avec une arthrose du genou, les escaliers sollicitent davantage l’articulation que la marche. La gêne ressentie dépend autant de la charge imposée que de la force, de la mobilité et du contrôle du mouvement. Une fatigue musculaire ou une raideur peuvent rendre ce geste plus difficile. La difficulté peut varier d’un jour à l’autre sans signifier une aggravation. Adapter l’effort est souvent plus pertinent que d’éviter totalement les escaliers.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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