kinesport versailles, nos spécialités, kiné du sport, Peut-on avoir une douleur articulaire sans traumatisme

Avoir une douleur articulaire sans choc, chute ou faux mouvement précis est une situation très fréquente. Beaucoup de personnes s’inquiètent lorsqu’aucun événement déclencheur clair n’est identifié, car la douleur est souvent associée à l’idée d’un traumatisme. Pourtant, l’absence de choc n’a rien d’anormal. Dans de nombreux cas, la douleur articulaire apparaît progressivement, en lien avec la manière dont l’articulation est sollicitée au fil du temps.
Une articulation est exposée en permanence à des contraintes mécaniques. Ces contraintes varient selon l’activité, la répétition des gestes, l’intensité des efforts et la récupération. Lorsque la charge imposée dépasse la capacité de tolérance de l’articulation, une douleur peut apparaître sans qu’il y ait eu de traumatisme aigu. Il s’agit alors d’un déséquilibre progressif entre ce que l’articulation doit encaisser et ce qu’elle est capable de supporter à ce moment-là.

Une accumulation de contraintes plutôt qu’un choc isolé

La répétition joue un rôle central dans ce type de douleur. Des gestes répétés, même à intensité modérée, peuvent progressivement irriter certaines structures articulaires. Cette accumulation est souvent silencieuse au départ, puis la douleur apparaît de façon graduelle, parfois après plusieurs semaines ou mois. L’absence d’événement déclencheur donne alors l’impression que la douleur est apparue « sans raison ».

Plusieurs situations favorisent cette installation progressive :

Dans ces contextes, la douleur ne signale pas une lésion brutale, mais une tolérance devenue insuffisante face à la charge.

Fatigue, contrôle du mouvement et sensibilité articulaire

La fatigue joue également un rôle important. Lorsque les muscles qui stabilisent l’articulation fatiguent, le contrôle neuromoteur devient moins précis. La proprioception peut être altérée, ce qui modifie la répartition des contraintes. L’articulation se retrouve alors davantage sollicitée, et la douleur peut apparaître en fin d’effort, après l’activité ou le lendemain, sans qu’aucun traumatisme n’ait eu lieu.
La période de reprise est particulièrement propice à ce mécanisme. Après un arrêt, même court, la tolérance des tissus diminue. Reprendre avec le même niveau d’exigence qu’avant expose l’articulation à une charge trop élevée. La douleur apparaît alors progressivement, non pas parce que l’articulation est endommagée, mais parce que l’adaptation n’a pas encore eu le temps de se reconstruire.
Il est aussi essentiel de comprendre que douleur et lésion ne sont pas toujours directement liées. Une articulation peut être douloureuse sans qu’une anomalie significative soit visible à l’imagerie. La douleur reflète souvent une sensibilité accrue ou une réaction à une contrainte mal tolérée, plutôt qu’une atteinte grave.
Enfin, l’évolution de la douleur est un repère clé. Une douleur fluctuante, liée à l’effort et calmée par le repos, évoque le plus souvent un problème de charge. À l’inverse, une douleur persistante, nocturne ou associée à des signes inhabituels nécessite une attention particulière.
Ainsi, il est tout à fait possible d’avoir une douleur articulaire sans traumatisme. Dans la majorité des cas, cette douleur traduit une surcharge progressive et une adaptation encore insuffisante de l’articulation aux contraintes imposées.

Ai-je bien compris?

Une douleur articulaire peut apparaître sans choc ni traumatisme précis. Elle est souvent liée à une accumulation progressive de contraintes. La répétition des gestes, la fatigue et la reprise après un arrêt diminuent la tolérance de l’articulation. Le contrôle du mouvement devient moins efficace et la contrainte se concentre localement. La douleur ne signifie pas forcément une lésion grave. Elle sert surtout de signal pour ajuster la charge.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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