kinesport versailles, nos spécialités, kiné du sport, rééducation traumatismes genou, ménisques, ligamentoplastie, LCA, ligament croisé, L’appréhension peut-elle entretenir l’instabilité du genou

Après un traumatisme du genou, il arrive que la sensation d’instabilité persiste alors que la douleur diminue et que les structures anatomiques semblent cicatrisées. Dans ce contexte, l’appréhension joue souvent un rôle déterminant. Elle ne correspond pas à une simple inquiétude subjective, mais à une modification concrète de la façon dont le genou est utilisé et contrôlé dans le mouvement.
L’appréhension apparaît fréquemment après un épisode marquant : une douleur vive, un dérobement ou une perte de contrôle ressentie comme soudaine. Le système nerveux associe alors certains mouvements ou situations à un risque potentiel. Cette anticipation influence automatiquement la manière de bouger, même en l’absence de lésion active.

Une modification involontaire du contrôle du mouvement

Lorsque l’appréhension s’installe, le contrôle neuromoteur du genou est modifié. Les muscles ne s’activent plus de manière fluide et coordonnée. Certains se contractent de façon excessive et rigide, tandis que d’autres réagissent avec retard. Cette désorganisation altère la capacité du genou à s’ajuster finement aux contraintes, en particulier lors de mouvements rapides ou imprévus.

Le genou devient alors moins réactif, ce qui renforce la sensation qu’il « lâche » ou qu’il n’est pas fiable, même sans instabilité ligamentaire objectivable.

Une gestuelle protectrice qui devient limitante

L’appréhension modifie aussi la qualité du mouvement. Le genou est utilisé avec prudence : amplitudes réduites, appuis raccourcis, trajectoires moins naturelles. Ces adaptations sont protectrices à court terme, mais elles placent l’articulation dans des conditions mécaniques moins favorables.
En réduisant la variété des sollicitations, le genou n’est plus exposé aux contraintes nécessaires à une adaptation complète. Il reste alors sensible dans certaines situations, ce qui entretient l’instabilité ressentie.

Un cercle entre appréhension et instabilité

Une relation circulaire peut s’installer. Une première sensation d’instabilité génère de l’appréhension. Cette appréhension modifie le contrôle du mouvement, ce qui augmente le risque de nouvelles sensations d’instabilité. Chaque épisode renforce la méfiance envers l’articulation et réduit la fluidité du geste.

Cette dynamique explique pourquoi un genou peut rester instable dans le ressenti malgré une récupération musculaire correcte.

Force suffisante mais confiance absente

Il est important de comprendre que l’appréhension peut persister même lorsque la force musculaire est satisfaisante. Un genou peut être objectivement fort, mais manquer de fiabilité fonctionnelle si le contrôle automatique et la confiance ne sont pas restaurés. La stabilité ne dépend donc pas uniquement de la solidité des structures, mais de la capacité à utiliser le genou sans anticipation excessive du danger.
Ainsi, l’appréhension peut clairement entretenir l’instabilité du genou. En modifiant le contrôle neuromoteur, la coordination musculaire et la gestuelle, elle contribue à maintenir une sensation d’insécurité articulaire, même en l’absence de lésion active.

Ai-je bien compris?

Après une blessure, l’appréhension peut modifier automatiquement la manière dont le genou est contrôlé. Cette adaptation n’est pas volontaire et influence la coordination musculaire. Le genou devient moins réactif et moins fluide dans le mouvement. Une gestuelle trop prudente limite l’adaptation à la charge. Un cercle peut s’installer entre instabilité et perte de confiance. Restaurer une utilisation plus confiante du genou est essentiel pour retrouver une stabilité durable.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

Articles en lien