Lorsqu’une douleur apparaît en course à pied, beaucoup de coureurs pensent qu’il faut impérativement s’arrêter totalement pour éviter d’aggraver la situation. Cette réaction est compréhensible, car la douleur est souvent associée à un risque de blessure. Pourtant, l’arrêt complet de toute activité n’est pas toujours la réponse la plus adaptée, et il peut parfois compliquer la gestion globale de la reprise.
S’arrêter de courir peut être nécessaire dans certaines situations, notamment lorsque la douleur est intense, brutale ou qu’elle empêche de maintenir une foulée normale. Dans ces cas, le corps envoie un signal clair indiquant qu’il n’est plus capable de tolérer la contrainte spécifique de la course.
Continuer malgré ce type de douleur expose à un risque d’aggravation ou de blessure plus sérieuse, et la mise en pause de la course devient alors une mesure de protection logique.
Arrêter la course ne signifie pas tout arrêter
Il est essentiel de distinguer l’arrêt de la course de l’arrêt de toute charge. Interrompre temporairement la course peut permettre de soulager la zone douloureuse, tout en maintenant d’autres capacités physiques utiles. Le corps ne fonctionne pas de manière isolée, et il est souvent possible de continuer à s’entraîner autrement sans reproduire les contraintes biomécaniques propres à la course à pied.
Dans ce contexte, certaines options permettent de préserver la condition physique :
- le maintien d’une activité cardiovasculaire sans impact,
- la poursuite d’un renforcement musculaire adapté,
- l’entretien de l’endurance générale,
- la conservation de repères d’effort et de régularité.
Cette approche aide à limiter la perte de tolérance à l’effort pendant la phase d’adaptation.
Trouver l’équilibre entre protection et inactivité
À l’inverse, un arrêt total et prolongé de toute activité peut entraîner une baisse rapide des capacités physiques et une perte de confiance dans le corps. Lors de la reprise, même après une période relativement courte, le corps peut se montrer plus sensible aux contraintes, ce qui complique parfois le retour à la course.
La difficulté pour le coureur est donc de savoir quoi arrêter et quoi maintenir. Sans analyse, il est fréquent de tomber dans l’un des deux excès :
- s’imposer un repos trop important,
- poursuivre la course alors que le corps ne la tolère plus.
L’objectif n’est pas de forcer malgré la douleur, mais d’ajuster la charge globale pour qu’elle reste compatible avec l’état du corps à un moment donné. Cette adaptation permet de protéger la zone douloureuse tout en conservant des capacités utiles pour une reprise plus fluide.
Ainsi, s’arrêter complètement de courir dès l’apparition d’une douleur n’est ni systématiquement indispensable, ni toujours souhaitable. L’arrêt de la course peut être nécessaire, mais il peut s’accompagner du maintien d’autres formes d’entraînement.
Cette stratégie vise à éviter à la fois la surcharge et l’inactivité excessive, afin de favoriser une reprise plus durable.
Ai-je bien compris?
S’arrêter de courir peut être nécessaire quand la douleur est importante ou modifie la foulée. En revanche, cela ne signifie pas toujours arrêter toute activité. Il est souvent possible de maintenir une charge adaptée par d’autres moyens. L’objectif est de protéger la zone douloureuse sans tomber dans une inactivité excessive.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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