Après une atteinte orthopédique, il est fréquent de constater que la douleur diminue alors que la mobilité reste limitée. Cette situation peut surprendre, car la disparition des symptômes est souvent perçue comme le signe d’une récupération complète. Pourtant, douleur et mobilité reposent sur des mécanismes différents et n’évoluent pas toujours au même rythme.
Douleur et mobilité : deux mécanismes distincts
La douleur est principalement liée à la sensibilité des tissus, à l’irritation locale ou à une mauvaise tolérance mécanique. Lorsqu’elle diminue, cela indique que les tissus réagissent mieux aux contraintes ou que l’agression initiale s’est atténuée. La mobilité dépend davantage des propriétés mécaniques des structures articulaires et péri-articulaires. Une articulation peut donc devenir peu douloureuse tout en restant limitée dans ses amplitudes.
Après une période de protection, d’inactivité ou d’immobilisation, les tissus s’adaptent rapidement à un volume de mouvement réduit. Cette adaptation peut persister même lorsque la douleur n’est plus présente.
- diminution de l’extensibilité capsulaire,
- raideur musculaire et conjonctive,
- maintien de schémas de mouvement limités,
Ces modifications mécaniques expliquent pourquoi la mobilité ne revient pas spontanément avec la seule amélioration des symptômes.
Le rôle de l’appréhension et du fonctionnement musculaire
Même lorsque la douleur est faible ou absente, certains mouvements peuvent rester évités de manière inconsciente. Cette appréhension limite l’exposition progressive aux amplitudes nécessaires et entretient la restriction de mobilité. Le corps continue alors à fonctionner dans une zone de confort réduite.
Le fonctionnement musculaire intervient également. Un muscle qui a perdu de la force, de l’endurance ou du contrôle peut restreindre certaines amplitudes, non par douleur, mais par incapacité à accompagner le mouvement. Cette limitation fonctionnelle peut donner l’impression d’un blocage articulaire alors que la structure elle-même est capable de bouger.
Restaurer la mobilité de façon progressive et active
La récupération des amplitudes ne repose pas sur une mise en contrainte brutale. Elle s’appuie sur des mobilisations douces, répétées et adaptées à la tolérance des tissus, associées à un travail actif. L’activation musculaire contrôlée permet d’explorer progressivement les amplitudes disponibles, d’améliorer la coordination et de sécuriser le mouvement.
- exposition progressive aux amplitudes,
- participation active au mouvement,
- amélioration du contrôle neuromoteur,
Cette approche favorise une adaptation durable des tissus.
Il est donc normal de manquer de mobilité même lorsque la douleur diminue. La douleur constitue une étape importante de la récupération, mais elle ne garantit pas à elle seule le retour des amplitudes. La mobilité se restaure progressivement, par une sollicitation adaptée et régulière du mouvement.
Ai-je bien compris?
Il est fréquent que la douleur diminue alors que la mobilité reste limitée après une atteinte orthopédique. Douleur et mobilité reposent sur des mécanismes différents. L’inactivité et la protection entraînent des adaptations mécaniques des tissus qui persistent après la disparition des symptômes. L’appréhension et le fonctionnement musculaire influencent aussi les amplitudes. La récupération de la mobilité repose sur des mobilisations progressives et un travail actif. La diminution de la douleur ne signifie pas automatiquement un retour complet du mouvement.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
Articles en lien

Raideur articulaire et perte de mobilité : comprendre et rééduquer
Raideur articulaire et perte de mobilité : comprendre les mécanismes et le rôle de la rééducation pour retrouver une mobilité fonctionnelle durable.





