Après une chirurgie ou une blessure orthopédique, la reprise des escaliers est souvent vécue comme une étape délicate. Monter ou descendre des marches sollicite fortement les articulations, les muscles et l’équilibre, ce qui explique pourquoi cette activité reste parfois difficile alors que la marche sur terrain plat semble déjà améliorée. Cette situation est fréquente et correspond le plus souvent à une récupération fonctionnelle encore incomplète.
Des contraintes mécaniques spécifiques aux escaliers
Les escaliers imposent des contraintes différentes de la marche classique. La montée nécessite une production de force importante pour élever le corps, tandis que la descente demande un contrôle musculaire précis pour freiner le mouvement. Après une atteinte orthopédique, ces capacités sont souvent diminuées, même lorsque la douleur est faible.
- sollicitation importante des muscles extenseurs,
- contrôle excentrique accru lors de la descente,
- contraintes verticales plus élevées que sur terrain plat,
Ces exigences expliquent pourquoi les escaliers restent difficiles plus longtemps.
Mobilité et contrôle du mouvement
La mobilité articulaire joue un rôle central. Une flexion insuffisante du genou, de la hanche ou de la cheville modifie la manière de poser le pied sur la marche. Le corps compense alors par d’autres segments, rendant le geste plus coûteux et parfois instable. La récupération de la mobilité repose sur des mobilisations progressives et répétées, associées à un travail actif permettant d’explorer les amplitudes nécessaires à la montée et à la descente.
Le contrôle neuromoteur et la proprioception sont particulièrement sollicités dans les escaliers. Chaque marche nécessite un ajustement précis de la position articulaire et de la répartition des appuis. Après une blessure ou une chirurgie, ces informations sensorielles peuvent être moins fiables, ce qui explique la sensation d’insécurité, surtout lors de la descente.
Fatigue et appréhension : des freins fréquents
La fatigue apparaît souvent rapidement dans les escaliers. Le coût énergétique de cette activité est élevé, et des muscles encore en phase de récupération se fatiguent plus vite. Cette fatigue altère le contrôle du mouvement et renforce la difficulté perçue.
L’appréhension joue également un rôle important. La crainte de charger pleinement le membre concerné ou de perdre l’équilibre conduit à une retenue dans le mouvement. Cette prudence limite l’engagement musculaire et entretient des gestes moins efficaces.
- fatigue rapide lors des premières marches,
- engagement musculaire incomplet,
- maintien de stratégies de protection,
Ces facteurs expliquent pourquoi la reprise des escaliers demande du temps.
Ainsi, reprendre les escaliers après une chirurgie ou une blessure orthopédique nécessite la restauration coordonnée de la mobilité, de la force, du contrôle neuromoteur et de la tolérance à la charge. Les difficultés rencontrées sont normales et traduisent un décalage entre la disparition de la douleur et la récupération complète des capacités fonctionnelles requises pour ce geste spécifique.
Reprendre les escaliers après une chirurgie ou une blessure orthopédique repose sur une progression fonctionnelle. Cela implique d’abord de retrouver une mobilité suffisante pour placer le pied correctement sur la marche, puis une force musculaire capable de soutenir le poids du corps. Le contrôle du mouvement et l’équilibre doivent être progressivement réintégrés, notamment lors de la descente. La reprise se fait en augmentant progressivement la charge, la hauteur des marches et la répétition, en tenant compte de la fatigue et des réactions du genou ou de l’articulation concernée.
Ai-je bien compris?
Les escaliers sont souvent difficiles à reprendre après une chirurgie ou une blessure orthopédique. Ce geste impose des contraintes mécaniques élevées, différentes de la marche sur terrain plat. Une mobilité réduite, un déficit de force et un contrôle neuromoteur altéré compliquent la montée et la descente. La proprioception et l’équilibre sont fortement sollicités. La fatigue et l’appréhension peuvent accentuer la difficulté. La reprise des escaliers fait partie d’une récupération fonctionnelle progressive.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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