Reprendre le travail sur écran lorsque l’on souffre de douleurs cervicales est souvent source d’inquiétude. Beaucoup de patients craignent que la position assise prolongée, la concentration visuelle ou l’usage répété du clavier et de la souris n’aggravent leur douleur. Pourtant, dans la majorité des situations, le travail sur écran reste possible, à condition de comprendre ce qui rend le cou momentanément plus sensible et d’adapter progressivement les contraintes.
Le travail sur écran sollicite le cou de façon spécifique
Le travail sur écran impose au cou des contraintes particulières. La tête reste orientée vers l’avant, les mouvements sont réduits et l’attention soutenue favorise une posture relativement statique. Cette immobilité prolongée augmente le travail des muscles cervicaux, chargés de maintenir la tête dans une position stable pendant de longues périodes.
Ce n’est toutefois pas la position en elle-même qui pose problème, mais sa durée et son manque de variation. Même une posture jugée correcte devient contraignante lorsqu’elle est maintenue trop longtemps. Lorsque la tolérance du cou est diminuée, cette contrainte statique peut suffire à déclencher ou entretenir la douleur.
Plusieurs éléments contribuent à cette sensibilité :
- maintien prolongé de la tête sans variation,
- attention visuelle soutenue limitant les mouvements spontanés,
- fatigue musculaire cervicale progressive,
- récupération insuffisante entre deux périodes de travail.
Ces mécanismes sont fonctionnels et fréquents.
Adapter les contraintes plutôt que supprimer l’écran
Reprendre le travail sur écran ne signifie pas s’exposer brutalement aux mêmes durées qu’avant la douleur. L’organisation du temps joue un rôle central. Fractionner les périodes devant l’ordinateur, prévoir des pauses courtes mais régulières et alterner avec d’autres tâches permet au cou de mieux supporter la contrainte.
L’ergonomie du poste de travail influence également le confort. La hauteur de l’écran, la distance de lecture ou la position des bras modifient la charge imposée au cou. L’objectif n’est pas de figer une posture parfaite, mais de limiter les positions extrêmes et de faciliter les ajustements au cours de la journée.
La fatigue mentale doit aussi être prise en compte. Une concentration prolongée augmente souvent la tension musculaire de façon inconsciente, notamment dans le cou et les épaules. Relâcher régulièrement l’attention posturale, respirer calmement et accepter de bouger contribue à réduire cette tension.
Dans la majorité des cas, une gêne modérée et transitoire lors de la reprise n’est pas inquiétante. Elle reflète une adaptation progressive du cou. En revanche, une douleur qui augmente nettement et persiste longtemps après le travail doit conduire à ajuster temporairement la durée ou l’organisation, sans interrompre totalement l’activité.
Concrètement, il n’est donc généralement pas nécessaire d’éviter le travail sur écran lorsqu’on a des douleurs cervicales.
La reprise est possible à condition d’adapter les durées, de varier les positions et de progresser graduellement afin de permettre au cou de retrouver sa tolérance à cette activité.
Ai-je bien compris?
Reprendre le travail sur écran avec des douleurs cervicales est souvent possible. Le problème vient surtout de la durée et du manque de variation des positions. Les postures statiques prolongées fatiguent le cou. Fractionner le temps d’écran et faire des pauses régulières aide à mieux tolérer la contrainte. Une gêne modérée au début peut être normale. L’objectif est une reprise progressive, pas l’évitement durable de l’écran.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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