Après un AVC, il est fréquent de ressentir une diminution de la sensibilité d’un côté du corps. Cette impression peut concerner le toucher, la perception du contact, ou encore la position du bras ou de la jambe.
Pour comprendre ce phénomène, il est important de rappeler que la sensation ne dépend pas uniquement de la peau. Elle repose sur un système complet qui va de la zone du corps stimulée jusqu’au cerveau, qui interprète l’information.
Une information sensorielle qui n’est plus correctement transmise ou traitée
Lorsqu’un contact est perçu au niveau de la peau, l’information est transmise vers le cerveau par l’intermédiaire des nerfs. Cette information arrive ensuite dans des zones cérébrales spécialisées qui permettent de l’identifier et de lui donner du sens.
Après un AVC, ces zones peuvent être directement touchées, ou les voies qui y amènent l’information peuvent être perturbées. Le message peut alors être incomplet, ralenti ou moins précis.
Cela signifie que la sensation peut exister, mais ne pas être traitée de manière suffisamment claire pour être perçue normalement.
Un cerveau qui interprète moins précisément les informations
La sensation ne correspond pas uniquement à un signal qui arrive. Elle correspond à la manière dont ce signal est interprété.
Après un AVC, le cerveau peut recevoir une information sensorielle, mais avoir plus de difficulté à l’analyser correctement. Il peut manquer de précision dans l’interprétation.
Concrètement, cela ne signifie pas forcément que rien n’est perçu, mais que l’information est moins détaillée, moins nette ou plus difficile à exploiter.
Le cerveau “reconstruit” la sensation à partir d’un signal moins fiable, ce qui peut donner une impression de diminution de la sensibilité.
Une diminution de la représentation du corps dans le cerveau
Le cerveau possède une représentation du corps, parfois décrite comme une “carte”, qui lui permet de situer précisément chaque partie et d’interpréter les sensations qui en proviennent.
Après un AVC, cette représentation peut devenir moins précise. Certaines zones du corps sont moins bien identifiées ou moins bien différenciées.
Cela ne signifie pas que le corps ne transmet plus d’informations, mais que le cerveau a plus de difficulté à les localiser et à les organiser.
- certaines zones du corps peuvent être perçues de manière moins précise,
- la localisation d’un contact peut devenir plus approximative,
- la différenciation entre deux points peut être plus difficile,
- certaines sensations peuvent sembler “floues” ou mal définies,
- la perception globale du corps peut être moins nette.
Cette modification de la représentation corporelle contribue directement à la sensation de “moins bien sentir”.
Une altération de la perception de la position du corps
La sensibilité ne concerne pas uniquement le toucher. Elle inclut également la capacité à percevoir la position du corps sans avoir besoin de le regarder.
Cette perception repose sur des informations envoyées en permanence au cerveau par les muscles et les articulations.
Après un AVC, le traitement de ces informations peut être perturbé. Le cerveau reçoit moins bien les indications sur la position du membre, ou les interprète de manière moins précise.
- le bras ou la jambe peut être plus difficile à situer dans l’espace,
- certains mouvements peuvent être réalisés sans être clairement perçus,
- la position d’un segment du corps peut être incertaine sans le regard,
- l’ajustement des gestes devient plus difficile sans repère visuel,
- la sensation de “présence” du membre peut être diminuée.
Cela peut donner l’impression que le bras ou la jambe est “moins présent”, ou plus difficile à situer dans l’espace.
Une perception influencée par l’attention et le contexte
La perception sensorielle dépend aussi de l’attention portée à la zone concernée.
Après un AVC, lorsque l’attention est dirigée vers le côté atteint, la perception peut être meilleure. À l’inverse, lorsque l’attention est mobilisée ailleurs, la sensation peut diminuer.
Cela s’explique par le fait que le cerveau dispose de moins de ressources pour traiter automatiquement ces informations. L’attention devient alors un élément qui aide à améliorer temporairement leur traitement.
Ce phénomène contribue à donner l’impression que la sensibilité varie selon les situations.
Ai-je bien compris?
Après un AVC, la diminution de la sensibilité ne vient pas uniquement de la peau, mais du traitement de l’information par le cerveau. Le signal peut être moins bien transmis ou moins bien interprété. La représentation du corps devient moins précise, et la perception de la position peut être altérée. Enfin, l’attention influence la manière dont les sensations sont perçues. L’ensemble de ces éléments explique pourquoi la sensibilité peut diminuer du côté atteint.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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