Marcher semble automatique. Pourtant, chaque pas repose sur une organisation très précise entre activation musculaire et informations sensitives. Dans les neuropathies périphériques, cette organisation peut être perturbée, ce qui modifie la coordination de la marche.
La coordination ne dépend pas uniquement de la force. Elle repose sur la capacité du système nerveux à activer les muscles au bon moment et à ajuster le mouvement en fonction des informations reçues depuis les pieds et les articulations.
Le rôle de la commande motrice dans la synchronisation du pas
Pour qu’un pas soit fluide, les muscles de la hanche, du genou et de la cheville doivent se contracter dans un ordre précis et avec un timing adapté. Lorsque le nerf périphérique est atteint, la transmission du signal moteur peut devenir moins efficace.
On peut alors observer :
- une activation musculaire plus lente
- une contraction moins coordonnée entre les segments
- un enchaînement moins régulier des phases du pas
- un léger retard dans certaines transitions appui–balancement
Il ne s’agit pas toujours d’une paralysie visible. Même une altération modérée du signal peut suffire à perturber la synchronisation.
Le rôle du retour sensitif dans l’ajustement permanent
La marche nécessite également un retour d’information constant. Les pieds informent sur la pression au sol, la position de la cheville et les variations d’appui. Ces données permettent d’ajuster le mouvement en temps réel.
Lorsque la sensibilité est diminuée, les corrections deviennent moins précises.
La coordination peut alors être modifiée par :
- une perception moins fine des appuis
- des ajustements posturaux plus tardifs
- un rythme de pas moins régulier
- une marche demandant davantage d’attention
Le système nerveux doit compenser en mobilisant davantage la vision et la concentration.
La modification de la coordination résulte donc souvent de l’association de ces deux phénomènes : une activation motrice moins précise et un retour sensitif moins fiable. Le mouvement reste possible, mais il perd en fluidité et en automatisme.
Ai-je bien compris?
La coordination de la marche dépend à la fois d’une activation musculaire précise et d’un retour sensitif fiable. Lors d’une atteinte nerveuse périphérique, le signal moteur peut être moins synchronisé et les informations plantaires moins fines. Cette double perturbation modifie le rythme et la fluidité du pas. La marche peut alors demander plus d’attention et d’ajustements.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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