Une régulation automatique du mouvement modifiée
Dans la maladie de Parkinson, la lenteur des gestes correspond à ce que l’on appelle la bradykinésie, c’est-à-dire une diminution de la vitesse d’exécution du mouvement. Cette lenteur ne signifie pas que le geste ne démarre pas. Le mouvement est bien initié, mais il se développe plus progressivement dans le temps.
Habituellement, le système nerveux ajuste automatiquement l’intensité et la rapidité d’un geste. Il permet de produire un mouvement suffisamment ample et dynamique sans avoir à y penser. Lorsque ce système fonctionne différemment, le geste conserve sa direction, mais son développement est plus lent et son amplitude peut être réduite. L’ajustement automatique de la vitesse est moins efficace.
La rigidité, qui correspond à une augmentation uniforme du tonus musculaire, peut accentuer ce phénomène. Les articulations deviennent moins mobiles et la progression du mouvement demande davantage d’organisation.
Une exécution plus progressive et moins spontanée
Cette modification se traduit par une différence subtile mais constante : le geste est présent, mais il monte moins rapidement en intensité. Les transitions entre deux actions sont plus lentes, car chaque séquence doit être organisée plus consciemment.
Concrètement, cela peut se manifester par :
- un temps plus long pour se lever d’une chaise,
- un habillage réalisé plus lentement,
- des gestes manuels moins rapides,
- une difficulté à enchaîner plusieurs actions successives.
Il ne s’agit pas d’un problème de compréhension du geste ni d’un manque d’effort. Le mouvement est correctement planifié, mais son exécution est plus progressive et moins automatique.
La qualité du mouvement plus que la simple vitesse
La lenteur influence la qualité globale du geste. Lorsque l’amplitude et la vitesse diminuent, le mouvement peut paraître plus segmenté, moins fluide et demander davantage d’attention.
On observe alors :
- une réduction spontanée de l’amplitude,
- une continuité moins régulière dans l’enchaînement des actions,
- une coordination qui demande plus de concentration,
- une sensation d’effort accrue pour des gestes simples.
La lenteur n’est donc pas isolée. Elle s’inscrit dans une modification plus large de l’organisation neuromotrice.
L’objectif de la rééducation : entretenir la continuité du geste
La rééducation vise à travailler l’amplitude volontaire, la structuration des séquences et la continuité du mouvement. L’objectif n’est pas de supprimer totalement la lenteur, mais d’entretenir une organisation motrice suffisamment cohérente pour que les gestes restent utilisables au quotidien.
En répétant des séquences structurées et en sollicitant des mouvements plus amples, l’objectif est alors d’entretenir la qualité du geste et sa fonctionnalité.
Ai-je bien compris?
Dans la maladie de Parkinson, les gestes deviennent plus lents principalement à cause de la bradykinésie, c’est-à-dire d’une diminution de la vitesse d’exécution du mouvement. Le geste est bien initié, mais il se développe plus progressivement dans le temps. La rigidité peut accentuer cette lenteur en limitant l’aisance articulaire. Il ne s’agit pas d’un manque d’effort, mais d’une modification de l’organisation neuromotrice. La rééducation vise à entretenir l’amplitude et la continuité du geste afin qu’il reste fonctionnel au quotidien.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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