Respirer pendant l’effort est une adaptation naturelle du corps. Lorsque l’intensité augmente, la ventilation augmente elle aussi. Chez une personne asthmatique, cette adaptation peut parfois être perçue comme plus marquée, plus rapide ou plus inconfortable. La question n’est donc pas de trouver une technique “idéale”, mais de comprendre ce qui est normal et ce qui peut désorganiser le souffle.
La respiration s’adapte naturellement à l’intensité
À l’effort, la respiration devient plus rapide et plus ample pour répondre aux besoins musculaires. Cette augmentation est physiologique. Elle ne signifie pas que quelque chose fonctionne mal.
Selon l’intensité, la respiration évolue :
- à faible intensité, une respiration nasale ou mixte est possible
- à intensité modérée, la respiration devient plus ample et plus fréquente
- à intensité élevée, la respiration buccale est normale
- le rythme respiratoire s’accélère proportionnellement à la charge
Il n’existe donc pas une seule façon correcte de respirer à l’effort. Chercher à maintenir une respiration très lente ou exclusivement nasale lors d’un effort soutenu peut au contraire créer une tension inutile.
Ce qui peut désorganiser le souffle dans l’asthme
Dans l’asthme, les bronches peuvent être plus réactives. Lorsque l’effort augmente rapidement, l’expiration peut devenir plus difficile. Cela peut conduire à raccourcir inconsciemment le temps expiratoire ou à bloquer légèrement le souffle.
Certaines situations favorisent cette désorganisation :
- accélération très rapide du rythme respiratoire
- expiration écourtée
- tension excessive du haut du thorax
- impression de respiration “haute” et saccadée
Ce n’est pas la fréquence respiratoire en elle-même qui pose problème, mais la perte de fluidité et de coordination entre le mouvement et la respiration.
Ce qu’il faut viser concrètement
Respirer pendant l’effort avec un asthme stabilisé consiste surtout à laisser la ventilation s’adapter progressivement. Le souffle doit rester continu, sans blocage, et l’expiration suffisamment longue pour permettre une vidange correcte de l’air.
L’objectif n’est pas de contrôler chaque inspiration, mais d’éviter une rigidification excessive du thorax. Une respiration souple, rythmée par le mouvement, limite la sensation d’essoufflement disproportionné.
Il est essentiel de rappeler que ces conseils s’inscrivent dans un cadre médical suivi. Si l’essoufflement apparaît de manière inhabituelle, s’accompagne de sifflements marqués ou persiste malgré l’adaptation de l’effort, un avis médical auprès du médecin traitant ou du pneumologue est nécessaire.
Ai-je bien compris?
Pendant l’effort, la respiration doit naturellement s’accélérer et devenir plus ample. Il n’existe pas de technique unique et parfaite pour les personnes asthmatiques. Ce qui compte est la fluidité et l’adaptation progressive du souffle à l’intensité. Une expiration trop courte ou une respiration trop rigide peuvent majorer l’inconfort. Avec un asthme stabilisé et suivi médicalement, laisser la ventilation s’adapter sans surcontrôle permet généralement un effort plus confortable.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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