Une atteinte structurelle partielle mais une fonction souvent conservée
Une atteinte de la coiffe des rotateurs peut correspondre soit à une rupture partielle de l’épaisseur d’un tendon, soit à la rupture complète d’un tendon isolé alors que les autres tendons de la coiffe restent intacts. Dans ces situations, la continuité fonctionnelle globale de la coiffe n’est pas totalement interrompue, ce qui permet à l’épaule de conserver une partie de sa fonction.
La présence d’une rupture partielle ne détermine pas à elle seule le niveau de douleur ni les capacités fonctionnelles. Deux personnes présentant une atteinte comparable à l’imagerie peuvent avoir des gênes très différentes selon la manière dont l’épaule fonctionne au quotidien.
Ce que la rupture partielle ne dit pas à elle seule
L’imagerie décrit l’état du tendon, mais elle ne renseigne pas sur la qualité du contrôle du mouvement, la coordination entre l’humérus et l’omoplate ou la capacité de l’épaule à répartir les contraintes. Or ces éléments jouent un rôle central dans l’expression des symptômes.
Dans de nombreux cas, la douleur apparaît surtout lorsque certaines sollicitations dépassent ce que l’épaule peut tolérer, indépendamment de l’étendue exacte de la rupture partielle.
On observe fréquemment :
- une douleur variable selon les gestes et les amplitudes
- une gêne majorée lors de mouvements répétitifs
- une tolérance fluctuante d’un jour à l’autre
Ces éléments traduisent un déséquilibre fonctionnel plus qu’une défaillance mécanique totale.
Ce que vise réellement la kinésithérapie
La kinésithérapie n’a pas pour objectif de « réparer » le tendon rompu. Une rupture partielle ne se referme pas par l’exercice. En revanche, la rééducation agit sur la manière dont l’épaule fonctionne malgré cette atteinte.
Le travail porte sur plusieurs leviers complémentaires :
- amélioration de la coordination entre l’humérus et l’omoplate
- restauration d’une stabilité active suffisante de l’épaule
- réorganisation du geste pour mieux répartir les contraintes
- exposition progressive et contrôlée aux sollicitations
En optimisant ces paramètres, l’épaule devient plus efficace et plus tolérante, ce qui permet souvent une diminution nette de la douleur et une amélioration fonctionnelle.
Le rôle du contrôle neuromoteur et de la proprioception
Le contrôle neuromoteur permet d’ajuster en permanence la position de l’humérus dans la glène. La proprioception informe sur la position du bras et la charge appliquée. Ensemble, ces mécanismes contribuent à sécuriser le mouvement, même en présence d’une rupture partielle.
Lorsque ces ajustements sont efficaces, la contrainte exercée sur la zone lésée est mieux répartie et moins concentrée, ce qui améliore la tolérance à l’effort sans solliciter excessivement le tendon atteint.
Quand la kinésithérapie est particulièrement pertinente
La rééducation est indiquée lorsque l’objectif est de préserver ou de restaurer la fonction de l’épaule, de réduire la douleur et de permettre la reprise des activités quotidiennes ou professionnelles. Elle s’inscrit dans une logique fonctionnelle, qu’il y ait ou non un projet chirurgical ultérieur.
Ai-je bien compris?
Une rupture partielle de la coiffe n’empêche pas forcément l’épaule de fonctionner. La douleur et la gêne dépendent surtout de la manière dont l’épaule est contrôlée et sollicitée. La kinésithérapie n’a pas pour rôle de réparer le tendon, mais d’améliorer la coordination, la stabilité active et la répartition des contraintes. En rendant l’épaule plus tolérante à l’effort, elle permet souvent de retrouver une fonction satisfaisante malgré la lésion.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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