La présence d’une arthrose n’exclut pas automatiquement la pratique d’un sport. La question n’est pas de savoir si le sport est autorisé ou interdit, mais dans quelles conditions il est compatible avec le fonctionnement de l’articulation. La réponse dépend moins du diagnostic d’arthrose que de la manière dont l’activité sportive est tolérée et organisée.
Une compatibilité liée à la tolérance de l’articulation
Faire du sport implique des contraintes mécaniques répétées. Dans l’arthrose, l’articulation conserve une capacité d’adaptation, mais cette capacité peut être plus limitée selon les contextes. Tant que les contraintes imposées restent compatibles avec ce que l’articulation peut supporter, la pratique sportive reste possible.
Lorsque la charge dépasse ce seuil de tolérance, la douleur apparaît ou augmente. Cette douleur n’indique pas que le sport est en soi délétère, mais que l’intensité, la durée ou la répétition de l’effort ne sont plus adaptées à ce moment précis.
Plusieurs paramètres influencent cette tolérance :
- l’intensité de l’effort et sa progression,
- la fréquence des séances et la récupération,
- la répétition de gestes identiques ou de contraintes spécifiques.
La compatibilité du sport avec l’arthrose est donc variable et évolutive, pas figée.
Le rôle central de l’organisation du mouvement
La tolérance à une activité sportive dépend aussi de la qualité du mouvement. Le contrôle neuromoteur permet de répartir les contraintes de manière plus homogène autour de l’articulation. Lorsque ce contrôle est efficace, l’articulation est mieux protégée face aux sollicitations répétées.
La proprioception, c’est-à-dire la perception de la position et de la charge articulaire, joue également un rôle important. Une perception précise permet d’ajuster les appuis, les amplitudes et les rythmes. À l’inverse, une organisation du mouvement moins efficace rend l’effort plus coûteux et favorise l’apparition de la douleur, même pour une activité habituellement bien tolérée.
Plusieurs situations peuvent limiter cette efficacité :
- une fatigue musculaire altérant la stabilité,
- une reprise trop rapide après une période d’arrêt,
- des gestes répétitifs réalisés sans adaptation.
La question n’est donc pas « sport ou pas sport », mais comment le sport est pratiqué.
Une pratique possible, à condition d’être ajustée
Le sport reste possible avec une arthrose tant qu’il respecte les capacités fonctionnelles du moment. Une activité peut être bien tolérée à une période, puis nécessiter des ajustements ultérieurs. La pratique sportive s’inscrit alors dans une logique d’adaptation continue, et non dans un maintien rigide des mêmes contraintes.
Ai-je bien compris?
Avoir de l’arthrose n’interdit pas de faire du sport. La possibilité dépend de la tolérance de l’articulation à la charge et de la façon dont l’activité est organisée. Tant que les contraintes restent compatibles avec les capacités du moment, le sport est possible. La douleur indique surtout qu’un ajustement est nécessaire. Le sport n’est donc pas exclu, mais il doit être adapté au fonctionnement articulaire.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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