Comprendre ce qui influence réellement l’évolution de l’arthrose
L’arthrose du genou est une pathologie évolutive, mais son évolution n’est ni linéaire ni uniforme. Contrairement à une idée répandue, l’aggravation de l’arthrose ne dépend pas uniquement de l’usure du cartilage observée à l’imagerie. Elle est fortement influencée par la manière dont le genou est sollicité au quotidien, par la répétition des contraintes et par la capacité de l’articulation à les tolérer.
Un genou arthrosique peut rester longtemps stable sur le plan fonctionnel si les contraintes auxquelles il est exposé restent compatibles avec ses capacités. À l’inverse, certaines habitudes ou situations peuvent accélérer l’apparition des symptômes, sans modification structurelle immédiate visible.
Adapter la charge plutôt que supprimer le mouvement
Le mouvement n’est pas l’ennemi du genou arthrosique. Ce sont surtout les contraintes mal adaptées, répétées ou mal contrôlées qui favorisent l’aggravation des symptômes. Éviter l’arthrose de progression ne signifie donc pas éviter de bouger, mais apprendre à doser les sollicitations.
Certaines situations du quotidien exposent davantage le genou arthrosique :
- appuis prolongés sans variation de position,
- mouvements répétés sans récupération suffisante,
- port de charges dans des postures contraignantes,
- escaliers fréquents sans alternance,
- reprise brutale d’activités après une période de repos.
Lorsque ces contraintes dépassent la capacité d’adaptation du genou, des réactions inflammatoires transitoires peuvent apparaître, contribuant à la douleur, au gonflement ou à la raideur.
Le rôle central du contrôle du mouvement
Un facteur souvent sous-estimé dans l’évolution de l’arthrose est la qualité du contrôle du mouvement. Un genou peut être soumis à une charge modérée, mais mal répartie ou mal contrôlée, ce qui augmente localement les contraintes articulaires. À l’inverse, un bon contrôle neuromoteur permet de mieux répartir les efforts et de limiter les surcharges inutiles.
Lorsque le contrôle musculaire est altéré, notamment par la fatigue ou par une appréhension du mouvement, le genou devient plus vulnérable. Certains gestes deviennent plus coûteux sur le plan articulaire, même s’ils paraissent anodins.
Le fonctionnement quotidien du genou dépend alors de plusieurs éléments :
- la coordination entre les muscles stabilisateurs,
- la capacité à ajuster rapidement l’appui,
- la perception précise de la position du genou,
- la tolérance à la répétition des efforts.
Gérer la fatigue et les réactions retardées
L’aggravation de l’arthrose n’est pas toujours immédiate. Un genou peut sembler bien tolérer une activité sur le moment, puis devenir douloureux ou raide plusieurs heures plus tard. Ces réactions retardées sont un signal important : elles indiquent que la charge a dépassé les capacités actuelles d’adaptation.
Apprendre à reconnaître ces signaux permet d’ajuster le quotidien sans tomber dans l’évitement excessif. Il s’agit d’un équilibre progressif entre activité, récupération et adaptation des contraintes.
- douleurs apparaissant en fin de journée,
- raideur inhabituelle le lendemain,
- gonflement transitoire après certaines activités,
- sensation de fatigue articulaire persistante.
Ces manifestations ne traduisent pas forcément une aggravation structurelle de l’arthrose, mais une surcharge fonctionnelle réversible si elle est prise en compte.
Pour conclure nous pouvons donc dire que pour éviter que l’arthrose du genou s’aggrave, l’objectif n’est pas de moins bouger, mais de mieux bouger.
Cela signifie éviter les efforts répétés ou prolongés sans pause, varier les activités dans la journée, adapter l’intensité des gestes et tenir compte de la fatigue du genou.
Ce sont ces ajustements quotidiens qui permettent au genou arthrosique de mieux tolérer les contraintes et de limiter l’aggravation des symptômes.
Ai-je bien compris?
L’aggravation de l’arthrose du genou dépend beaucoup de la manière dont le genou est sollicité au quotidien. Le mouvement reste nécessaire, mais il doit être adapté aux capacités de l’articulation. Les contraintes répétées, mal réparties ou mal contrôlées favorisent les symptômes. Le contrôle du mouvement et la gestion de la fatigue jouent un rôle central. Les réactions retardées sont des signaux utiles pour ajuster les efforts. Éviter l’aggravation repose sur une adaptation progressive plutôt que sur l’évitement.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
Articles en lien

Rééducation de l’arthrose du genou en kinésithérapie
Comment la kinésithérapie prend elle en charge l’arthrose du genou?Rééducation personnalisée, objectif mobilité, muscles renforcés et marche plus fluide au quotidien.





