Après une atteinte orthopédique, la diminution de la mobilité est fréquente et la reprise du mouvement peut susciter des inquiétudes. Beaucoup de patients craignent que mobiliser une articulation encore sensible entretienne ou aggrave la douleur. Pourtant, la récupération de la mobilité repose précisément sur une réexposition progressive et adaptée au mouvement, dans des conditions qui respectent la tolérance des tissus.
Redonner progressivement l’habitude de bouger aux tissus
Après une période d’immobilisation ou de protection, les tissus articulaires et péri-articulaires s’adaptent rapidement à un volume de mouvement réduit. Cette adaptation se traduit par une augmentation de la rigidité et une diminution de l’extensibilité fonctionnelle, indépendamment de l’intensité douloureuse. La mobilité ne revient donc pas spontanément avec la seule diminution de la douleur.
Retrouver des amplitudes implique de redonner progressivement aux tissus l’habitude de bouger, sans chercher immédiatement des mouvements amples ou forcés. L’objectif est d’explorer régulièrement les amplitudes disponibles, dans une zone que l’articulation est capable de supporter à ce moment précis.
- exploration progressive des amplitudes disponibles,
- respect des sensations et de la tolérance articulaire,
- absence de recherche immédiate de l’amplitude maximale,
Cette approche limite les réactions excessives tout en favorisant l’adaptation des tissus.
Mobilisations répétées et participation active
La récupération des amplitudes repose sur des mobilisations progressives et répétées. La régularité des sollicitations est plus déterminante que leur intensité. Des mouvements répétés, bien tolérés, permettent aux tissus d’améliorer progressivement leur extensibilité et de réduire la sensation de raideur.
La mobilisation active joue ici un rôle central. Lorsque le patient participe au mouvement, les muscles accompagnent l’articulation et sécurisent les amplitudes explorées. Ce travail actif améliore la coordination et facilite une intégration plus fonctionnelle du mouvement, en lien avec les gestes du quotidien.
Ajuster la progression selon les réactions
La progression des amplitudes doit se faire par étapes. Une articulation peut tolérer certaines sollicitations sans difficulté, mais réagir à des contraintes plus importantes. Observer les réactions dans les heures ou les jours qui suivent permet d’ajuster le travail.
- réaction modérée et transitoire compatible avec l’adaptation,
- majoration durable des symptômes indiquant une sollicitation excessive,
- nécessité d’ajuster volume et fréquence,
Ces repères guident une progression sécurisée.
Le rôle du contrôle neuromoteur et du contexte
Le contrôle neuromoteur et la proprioception influencent fortement la tolérance au mouvement. Une articulation mal contrôlée ou mal perçue peut être mobilisée de manière imprécise, augmentant l’inconfort. Améliorer la qualité du contrôle rend le mouvement plus fluide et mieux toléré.
La fatigue, le niveau d’activité global ou le stress modulent également la tolérance articulaire. Ces variations expliquent que la récupération puisse parfois sembler fluctuante, sans remettre en cause l’évolution globale.
Ainsi, retrouver de la mobilité sans aggraver la douleur repose sur des mobilisations progressives, répétées et actives, respectant la capacité d’adaptation des tissus. Cette approche permet une récupération fonctionnelle durable, sans mise en contrainte brutale.
Ai-je bien compris?
Après une atteinte orthopédique, la mobilité ne revient pas automatiquement avec la diminution de la douleur. Les tissus se sont adaptés à un volume de mouvement réduit et nécessitent une réexposition progressive. Les mobilisations répétées et bien tolérées favorisent l’adaptation des tissus. Le travail actif sécurise les amplitudes et améliore le contrôle du mouvement. La progression doit être ajustée selon les réactions dans le temps. Une gêne légère et transitoire peut être compatible avec la récupération.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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