kinesport versailles, nos spécialités, kiné et rééducation orthopédique, prothèse hanche, prothèse genou, syndrome rotulien, raideur articulaire,Pourquoi ai-je l’impression que mon articulation est “bloquée”

Après une atteinte orthopédique, il est fréquent de ressentir une impression de blocage articulaire. Cette sensation peut se traduire par une difficulté à aller au bout du mouvement, une résistance inhabituelle ou un frein ressenti avant la fin de l’amplitude, parfois sans douleur marquée. Cette impression est souvent source d’inquiétude, car elle donne le sentiment que l’articulation ne peut plus fonctionner normalement. Pourtant, dans la majorité des situations, cette sensation ne correspond pas à un obstacle mécanique réel.

Une résistance liée aux adaptations des tissus

Après une période d’immobilisation, de protection ou de limitation des mouvements, les tissus autour de l’articulation s’adaptent rapidement. La capsule articulaire, les ligaments et les tissus conjonctifs peuvent perdre en extensibilité. Cette adaptation crée une résistance progressive en fin d’amplitude, ressentie comme un blocage, alors qu’il s’agit d’une limitation fonctionnelle des tissus.
Ce phénomène est fréquent après une chirurgie, une douleur prolongée ou une phase d’inactivité. L’articulation peut bouger, mais elle offre une opposition plus marquée à l’étirement.

Cette résistance donne l’impression que le mouvement est empêché.

Le rôle actif des muscles et du contrôle du mouvement

Le fonctionnement musculaire joue également un rôle central. Un muscle affaibli, fatigué ou mal coordonné peut freiner activement le mouvement pour protéger l’articulation. Cette inhibition n’est pas toujours consciente. Le corps limite l’amplitude par précaution, même en l’absence de douleur importante.
L’appréhension du mouvement intervient souvent. Certains gestes restent associés à une crainte de douleur ou de récidive. Cette appréhension modifie le contrôle neuromoteur et peut entraîner une contraction réflexe des muscles autour de l’articulation. Le mouvement devient alors moins fluide et s’interrompt prématurément.

Blocage fonctionnel ou obstacle mécanique réel

Il est essentiel de distinguer cette sensation de blocage fonctionnel d’un véritable blocage mécanique. Un blocage mécanique correspond à un obstacle physique empêchant le mouvement, avec une butée nette et brutale. À l’inverse, dans les situations fonctionnelles, le mouvement reste possible, mais difficile, progressif ou inconfortable.
La proprioception joue aussi un rôle important. Une perception imprécise de la position articulaire rend le mouvement incertain. L’articulation peut alors être perçue comme bloquée, non parce qu’elle ne peut pas bouger, mais parce que le contrôle est insuffisant.

Ces éléments orientent vers une limitation fonctionnelle plutôt que mécanique.
Ainsi, l’impression que l’articulation est “bloquée” est le plus souvent liée à des adaptations des tissus, à un contrôle musculaire insuffisant et à une appréhension du mouvement. Elle ne traduit pas systématiquement un obstacle mécanique réel, mais une articulation qui n’a pas encore retrouvé une mobilité et une confiance suffisantes.

Ai-je bien compris?

La sensation d’articulation bloquée est fréquente après une atteinte orthopédique. Elle est souvent liée à une raideur adaptative des tissus et à un contrôle musculaire protecteur. L’appréhension du mouvement et une proprioception moins précise peuvent limiter l’amplitude. Cette sensation se distingue d’un véritable blocage mécanique, qui empêche brutalement le mouvement. Dans la majorité des cas, le mouvement reste possible mais difficile. Cette impression diminue progressivement avec l’amélioration de la mobilité et du contrôle.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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