Après un traumatisme articulaire, certaines personnes décrivent une sensation brève mais marquante : l’articulation semble céder, perdre son soutien ou « lâcher » momentanément. Cette impression de dérobement survient souvent lors d’un pas mal placé, d’un changement de direction ou d’un appui inhabituel. Elle est fréquemment source d’inquiétude, car elle donne le sentiment que l’articulation n’est plus fiable.
Une perte transitoire de contrôle plutôt qu’un lâchage structurel
Dans la majorité des cas, le dérobement ne correspond pas à un déplacement articulaire anormal visible. Il traduit avant tout une difficulté passagère du système articulaire à contrôler le mouvement dans une situation précise. Après un traumatisme, même lorsque les tissus cicatrisent correctement, l’organisation fine du mouvement peut rester altérée.
Le système articulaire repose sur une coordination permanente entre structures passives, muscles et système nerveux. Lorsque cette coordination est imparfaite, l’articulation peut répondre avec un léger retard à une contrainte imprévue, générant cette sensation fugace de perte d’appui.
Le rôle central du contrôle neuromoteur
Les articulations disposent de récepteurs sensoriels qui informent en continu le système nerveux de leur position et de leur vitesse de déplacement. Après un traumatisme, ces informations peuvent devenir moins précises. Le cerveau anticipe alors moins efficacement les ajustements nécessaires, et la réponse musculaire arrive parfois trop tard pour sécuriser pleinement l’appui.
Cette altération du contrôle neuromoteur explique pourquoi le dérobement apparaît surtout dans certaines situations :
- changement rapide de direction
- appui inattendu ou terrain irrégulier
- enchaînement de mouvements peu automatisés
- situations demandant une réaction rapide
Une stabilisation active parfois insuffisante
Les muscles stabilisateurs jouent un rôle essentiel pour sécuriser l’articulation dans le mouvement. Après une blessure, ils peuvent conserver une force correcte, tout en perdant en réactivité, en coordination ou en endurance. Dans ces conditions, la stabilisation active devient momentanément insuffisante.
La fatigue constitue un facteur aggravant important. En fin de journée ou après un effort prolongé, la précision du contrôle diminue, augmentant la probabilité de ressentir un dérobement, même chez une personne déjà bien rééduquée.
- diminution de la réactivité musculaire
- retard de contraction protectrice
- coordination moins précise sous contrainte
- baisse de tolérance à l’effort
Un phénomène souvent intermittent et contextuel
Les dérobements ne sont généralement ni constants ni systématiques. Ils apparaissent de manière intermittente, selon le contexte, le niveau de fatigue ou la complexité du geste. Cette variabilité est un élément rassurant : elle indique que le phénomène est fonctionnel et dépendant des conditions de sollicitation, plutôt que d’une instabilité mécanique permanente.
Ai-je bien compris?
Ressentir des dérobements après un traumatisme articulaire est fréquent. Cette sensation ne signifie pas forcément que l’articulation est gravement instable. Elle traduit le plus souvent une perte transitoire de contrôle du mouvement. Le système nerveux et les muscles peuvent réagir avec un léger retard dans certaines situations. La fatigue et les contraintes imprévues favorisent ces sensations. Les dérobements reflètent une adaptation fonctionnelle encore incomplète.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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