kinesport versailles, nos spécialités, kiné du sport, rééducation traumatismes, Comment retrouver la force après une fracture

Après une fracture, la perte de force est presque constante. Elle ne dépend pas uniquement de la gravité de la fracture, mais surtout de la durée pendant laquelle le segment concerné a été peu sollicité. Immobilisation, limitation d’appui ou évitement du mouvement entraînent une diminution rapide des capacités musculaires. Retrouver la force après une fracture ne consiste donc pas simplement à refaire travailler un muscle isolé, mais à reconstruire progressivement une fonction musculaire utilisable dans les gestes du quotidien.
La sensation de faiblesse peut persister même lorsque la douleur diminue et que l’os est consolidé. Ce décalage est fréquent et s’explique par plusieurs mécanismes qui dépassent la seule réparation osseuse.

Inhibition musculaire et perte de masse

Après une fracture, le système nerveux sollicite souvent moins les muscles autour de la zone concernée. Cette diminution de l’activation musculaire est une réponse protectrice. Elle permet de limiter les contraintes dans un premier temps, mais peut persister après la consolidation osseuse. Le muscle est alors présent, mais il se contracte de manière moins efficace, donnant une impression de faiblesse ou d’instabilité.
À cette inhibition s’ajoute une perte de masse musculaire. En quelques semaines de moindre sollicitation, le volume musculaire diminue, tout comme la capacité à produire un effort soutenu. Cette fonte concerne à la fois la force maximale et l’endurance, ce qui explique la fatigue rapide lors de gestes pourtant simples.

Ces phénomènes peuvent se traduire par :

Reconstruire une force réellement fonctionnelle

Retrouver la force après une fracture nécessite un travail progressif et ciblé. Le renforcement ne commence pas par des charges importantes. Il débute souvent par un travail visant à améliorer la qualité de la contraction musculaire et le contrôle du mouvement. Cette étape est essentielle pour rétablir une activation efficace avant d’augmenter les contraintes.
La récupération de la force est étroitement liée à la mobilité articulaire. Une articulation encore raide ou douloureuse limite l’efficacité du travail musculaire. Si le mouvement reste incomplet ou mal contrôlé, certains muscles sont sous-utilisés tandis que d’autres compensent. C’est pourquoi le renforcement est généralement associé à un travail de mobilité et de coordination, afin que la force développée soit réellement exploitable.
Un autre aspect fondamental est la tolérance à la répétition. Dans la vie quotidienne, les muscles sont rarement sollicités sur un effort unique maximal. Ils doivent surtout être capables de répéter un geste sans perte de qualité ni fatigue excessive. La récupération de la force inclut donc aussi la reconstruction de l’endurance musculaire.

La progression s’effectue généralement en plusieurs étapes :

Une récupération qui s’inscrit dans le temps

La récupération de la force après une fracture n’est pas instantanée. Les progrès peuvent être rapides au début, puis ralentir à mesure que les exigences augmentent. Il est normal que certaines tâches restent difficiles pendant un certain temps, même lorsque l’os est consolidé.
L’objectif n’est pas uniquement de « refaire du muscle », mais de permettre au corps de supporter durablement les contraintes nécessaires aux activités quotidiennes, avec une force suffisante, une bonne coordination et une fatigue acceptable. La récupération se juge donc sur la capacité à agir efficacement dans la durée, et non sur un niveau de force isolé.
Retrouver la force après une fracture repose donc sur une progression structurée, mais adaptée à chaque situation. La reconstruction commence généralement par une meilleure activation des muscles, afin qu’ils se contractent de nouveau de manière efficace. Elle se poursuit par une augmentation progressive de la capacité à produire un effort, puis par un travail permettant de répéter les gestes sans fatigue excessive. Cette progression vise surtout à rendre la force utilisable dans les mouvements du quotidien, en lien avec la mobilité et le contrôle du geste. Le temps nécessaire dépend moins d’un exercice précis que de la capacité du corps à tolérer progressivement des contraintes de plus en plus proches de celles de la vie réelle.

Ai-je bien compris?

Après une fracture, la perte de force est liée à une inhibition musculaire, à une diminution de la masse musculaire et à une baisse d’endurance dues à l’immobilisation. Même après la consolidation osseuse, les muscles peuvent rester moins efficaces. Retrouver la force nécessite un travail progressif qui associe activation musculaire, mobilité, coordination et tolérance à la répétition. La récupération s’inscrit dans le temps et vise une force réellement utilisable dans les gestes du quotidien.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

Articles en lien