kinesport versailles, nos spécialités, kiné du sport, rééducation traumatismes, Pourquoi ai-je perdu autant de mobilité après une immobilisation

Après une fracture, l’immobilisation par plâtre, attelle ou restriction d’appui est souvent indispensable pour permettre à l’os de se consolider. Lorsque cette immobilisation prend fin, la découverte d’une articulation raide, de mouvements limités ou d’une sensation de blocage est fréquente. Cette perte de mobilité ne traduit pas un problème de consolidation : elle correspond à une adaptation normale du corps à une période prolongée sans mouvement.
La mobilité articulaire dépend de plusieurs structures qui ont besoin d’être régulièrement sollicitées pour conserver leurs capacités. Lorsque le mouvement est fortement réduit, ces structures s’adaptent progressivement à la position maintenue. Le retour aux amplitudes habituelles demande alors du temps et une réexposition progressive.

L’adaptation des tissus autour de l’articulation

Une articulation ne se limite pas aux surfaces osseuses. Elle est entourée de tissus conjonctifs – capsule articulaire, ligaments, fascias – dont les propriétés dépendent largement du mouvement. En l’absence de sollicitations régulières, ces tissus deviennent moins extensibles et opposent davantage de résistance lors des tentatives de mobilisation.
Cette raideur n’est pas liée à une « perte » définitive de mobilité, mais à une adaptation mécanique progressive à l’immobilité. Plus la position maintenue a été restrictive et prolongée, plus la récupération des amplitudes extrêmes peut être lente.

Le rôle des muscles et du contrôle du mouvement

Les muscles participent activement à la mobilité. Pendant une immobilisation, certains muscles sont peu utilisés et voient leur force et leur endurance diminuer. D’autres peuvent, au contraire, rester plus actifs par protection, surtout en présence de douleur, d’appréhension ou de gonflement résiduel.
Cette situation peut limiter le mouvement même lorsque l’articulation pourrait mécaniquement aller un peu plus loin. La restriction n’est alors pas uniquement liée à la souplesse des tissus, mais aussi à la capacité du système neuromusculaire à contrôler le geste.

Dans ce contexte, plusieurs éléments peuvent intervenir :

L’influence de l’œdème et de la douleur

Après une fracture et une période d’immobilisation, un œdème discret peut persister. Un tissu gonflé se déforme moins facilement et peut générer une sensation de tension en fin de mouvement. Cette sensation incite souvent à éviter certaines amplitudes, ce qui entretient la raideur.
La douleur associée à ces tensions n’indique pas nécessairement une fragilité osseuse. Elle correspond le plus souvent à la réaction des tissus qui n’ont pas encore retrouvé leur tolérance habituelle au mouvement.

Mobilité mesurée et mobilité utilisable

Il est important de distinguer la mobilité évaluée de la mobilité réellement utile. Une articulation peut ne pas retrouver immédiatement toutes ses amplitudes théoriques, tout en permettant de réaliser la majorité des gestes du quotidien sans difficulté majeure.

La récupération fonctionnelle repose donc sur plusieurs critères :

La priorité est généralement de restaurer une mobilité suffisante pour la vie quotidienne, avant d’affiner les amplitudes selon les besoins spécifiques.

Ai-je bien compris?

La perte de mobilité après une immobilisation est une conséquence fréquente et normale du manque de mouvement. Les tissus autour de l’articulation deviennent moins extensibles, les muscles perdent en efficacité et le contrôle du mouvement est altéré. Un œdème résiduel et une douleur en fin d’amplitude peuvent renforcer l’évitement de certains gestes. Cette raideur ne signifie pas que la fracture a mal consolidé. La récupération vise surtout une mobilité utile et progressive pour les gestes du quotidien, avant d’affiner selon les besoins.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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