Après un AVC, il est fréquent d’avoir l’impression que les gestes sont moins fluides, moins précis ou moins bien enchaînés. Cette difficulté ne vient pas uniquement d’un manque de force. Elle s’explique par une modification de la manière dont le cerveau organise, ajuste et contrôle le mouvement.
Une organisation moins précise des différentes étapes du mouvement
Un mouvement n’est jamais un geste unique. Il correspond à une succession d’étapes organisées dans un ordre précis. Par exemple, attraper un objet nécessite d’orienter le bras, d’ouvrir la main, puis d’ajuster la prise.
Après un AVC, les zones du cerveau impliquées dans la planification du mouvement peuvent être atteintes. Ces zones permettent normalement d’anticiper et de structurer les différentes étapes du geste avant même qu’il ne commence.
Lorsque cette organisation est perturbée, le cerveau a plus de difficulté à construire une séquence cohérente. Certaines étapes peuvent être mal préparées, arriver dans le désordre ou manquer de liaison entre elles.
La coordination devient alors plus difficile, car le mouvement n’est pas structuré de manière fluide dès son initiation.
Un décalage dans le timing d’activation des muscles
Pour qu’un mouvement soit coordonné, les muscles doivent s’activer et se relâcher à des moments très précis. Ce timing permet d’obtenir un geste fluide et efficace.
Après un AVC, les circuits qui permettent de régler ce timing peuvent être perturbés. Le signal envoyé aux muscles devient moins précis dans le temps.
- certains muscles peuvent s’activer trop tôt,
- d’autres trop tard,
- certains restent actifs alors qu’ils devraient se relâcher,
- d’autres ne s’activent pas au bon moment,
- l’alternance entre les muscles devient moins fluide.
Ce décalage empêche les muscles de fonctionner ensemble de manière coordonnée, ce qui rend le mouvement irrégulier.
Une correction du mouvement moins efficace en temps réel
Lorsque du mouvement, le cerveau ne se contente pas de donner un ordre au départ. Il reçoit en permanence des informations sur ce qui est en train de se passer, comme la position du bras, la vitesse du geste ou le contact avec l’environnement.
Ces informations permettent de comparer le mouvement prévu avec le mouvement réellement réalisé, puis d’ajuster le geste en cours d’action.
Après un AVC, ce système est moins efficace. Les informations sensorielles peuvent être moins précises ou arriver avec un léger retard. Les zones du cerveau qui réalisent cette comparaison peuvent être atteintes, et la communication entre elles peut être moins fluide.
Le cerveau dispose alors d’informations moins fiables et les traite plus difficilement. Les corrections sont plus tardives ou moins précises, ce qui rend le geste moins coordonné.
Des repères moins précis sur la position du corps
Pour coordonner un mouvement, le cerveau doit savoir en permanence où se trouve le corps. Cette information est fournie par les muscles, les articulations et la peau.
Après un AVC, ces informations peuvent être moins bien perçues ou moins bien exploitées. Le cerveau dispose alors de repères moins précis pour guider le mouvement.
Cela ne signifie pas que les informations ont disparu, mais qu’elles sont moins fiables ou moins bien intégrées.
Le geste devient alors plus approximatif, car le cerveau ne peut pas ajuster précisément le mouvement en fonction de la position réelle du corps.
Un contrôle du mouvement qui demande plus d’attention
Avant l’AVC, une grande partie des mouvements est automatisée. Le cerveau les gère sans effort conscient.
Après un AVC, cette automatisation diminue. Le cerveau doit mobiliser davantage d’attention pour contrôler le geste.
- une partie des ressources est utilisée pour surveiller le mouvement,
- il reste moins de capacité pour gérer tous les paramètres en même temps,
- la coordination diminue dès que la tâche se complexifie,
- la fatigue mentale réduit encore la précision,
- le geste devient moins stable lorsque l’attention est partagée.
La coordination devient plus difficile car le cerveau ne peut plus gérer automatiquement l’ensemble du mouvement.
Ai-je bien compris?
Après un AVC, la coordination des mouvements est perturbée car le cerveau organise moins bien les étapes du geste, active les muscles avec un timing moins précis, corrige moins efficacement le mouvement en cours d’action et dispose de repères moins fiables sur la position du corps. À cela s’ajoute un besoin d’attention plus important pour contrôler le mouvement, ce qui rend les gestes moins fluides et moins précis.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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