Une douleur tendineuse de l’épaule concerne le plus souvent les tendons de la coiffe des rotateurs. Ces tendons participent à la stabilisation de l’articulation lorsque le bras bouge, notamment lorsqu’il dépasse le plan de l’épaule, c’est-à-dire lorsqu’il s’élève au-delà de l’horizontale.
La question est concrète : faut-il arrêter complètement le sport ou est-il possible de continuer à s’entraîner ?
La réponse dépend principalement du comportement de la douleur et de sa réaction à la charge.
Pourquoi la charge au-dessus du plan de l’épaule peut entretenir la douleur
Lorsque le bras dépasse le plan de l’épaule, les contraintes internes augmentent. Le bras agit comme un levier éloigné du tronc. Plus le levier est long, plus les forces exercées dans l’articulation sont élevées. Les tendons de la coiffe doivent alors stabiliser la tête de l’humérus pour maintenir un bon centrage pendant le mouvement.
Dans les sports où les gestes sont répétés — frappes, services, lancers, smashs — cette stabilisation est sollicitée de nombreuses fois au cours d’une séance. La répétition et la vitesse d’exécution augmentent la charge cumulée.
Le contrôle neuromoteur correspond à la coordination précise des muscles autour de l’épaule et de l’omoplate. Concrètement, cela signifie que les muscles doivent s’activer au bon moment et avec la bonne intensité pour maintenir la stabilité articulaire. Lorsque la fatigue apparaît, cette coordination peut devenir moins efficace. La stabilisation devient alors plus exigeante pour certains tendons, qui doivent compenser pour maintenir le centrage de l’articulation. Cette augmentation répétée de contrainte peut contribuer à la persistance de la douleur.
La douleur tendineuse apparaît généralement lorsque la charge appliquée dépasse temporairement la capacité de tolérance du tendon à ce moment précis.
Continuer ou suspendre : comment décider concrètement
Dans de nombreux cas, l’entraînement peut être maintenu à condition d’adapter la charge.
Il est généralement possible de continuer lorsque :
- la douleur reste modérée pendant l’effort,
- elle ne s’aggrave pas d’une séance à l’autre,
- elle diminue nettement dans les heures qui suivent,
- la force et la précision du geste restent globalement conservées.
Dans ce contexte, l’adaptation consiste à réduire temporairement les contraintes : limiter les gestes répétés au-dessus du plan de l’épaule, diminuer le nombre de frappes ou de services, éviter les séries explosives et ajuster le volume global d’entraînement. L’objectif est de rester sous le seuil qui entretient l’irritation.
En revanche, une suspension temporaire devient plus pertinente lorsque :
- la douleur augmente malgré la réduction de charge,
- elle persiste au repos,
- une perte de force nette apparaît,
- le geste devient difficile à contrôler ou moins précis.
Dans ces situations, la charge dépasse probablement la capacité actuelle du tendon. Continuer dans les mêmes conditions risque d’entretenir la surcharge.
L’arrêt total n’est donc pas systématique. La décision repose sur l’évolution de la douleur et sa réaction aux adaptations mises en place.
Ai-je bien compris?
Une douleur tendineuse de l’épaule ne signifie pas toujours qu’il faut arrêter le sport. Si la douleur reste modérée, stable et récupère entre les séances, l’entraînement peut souvent être maintenu avec adaptation, notamment en réduisant les gestes au-dessus du plan de l’épaule et l’intensité. En revanche, une douleur qui augmente, persiste au repos ou s’accompagne d’une perte de force justifie une pause plus nette. L’objectif est d’ajuster la charge pour rester dans la capacité de tolérance du tendon.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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