kiné sport versailles, nos spécialités, Kinésithérapie du sport : principes, prévention et performance, Amorti maximal ou minimal : comment choisir sans se blesser

Face aux rayons de chaussures de course, le contraste est net : certaines semelles sont épaisses et très amorties, d’autres fines et proches du sol. Beaucoup de coureurs se demandent quelle option protège le mieux. Pourtant, la question n’est pas de savoir laquelle est “la plus sûre”, mais laquelle correspond le mieux au profil du moment.
Pour faire un choix cohérent, il faut comprendre ce que change réellement le niveau d’amorti.

Ce que modifie un amorti important

Une chaussure à amorti maximal absorbe une partie des chocs au moment où le pied touche le sol. Concrètement, la semelle participe davantage à la dissipation de l’impact. Cela s’accompagne souvent, chez certains coureurs, d’un appui plus marqué sur le talon.
Lorsque l’appui se fait davantage par l’arrière du pied, certaines contraintes peuvent être transmises plus haut dans la jambe, notamment vers le genou. Cela ne signifie pas que le genou sera forcément douloureux, mais que la répartition des efforts peut évoluer dans ce sens chez certains profils.

Un amorti important peut être intéressant lorsque :

L’amorti ne supprime pas les forces liées à la course. Il participe à leur absorption à un endroit précis.

Ce que modifie un amorti minimal

À l’inverse, une chaussure minimaliste est plus fine et présente peu de différence de hauteur entre le talon et l’avant du pied. Le pied est plus proche du sol et la semelle absorbe moins les chocs.
Cela conduit souvent à un appui plus vers l’avant du pied et à des pas légèrement plus courts avec une cadence parfois un peu plus élevée. Le mollet et le tendon d’Achille travaillent davantage pour absorber et restituer l’énergie.

Cette configuration entraîne généralement :

Là encore, les forces ne disparaissent pas. Elles se déplacent.

Comment choisir sans augmenter le risque

Le choix ne doit pas reposer sur une idée générale du type “plus d’amorti protège” ou “moins d’amorti est plus naturel”. Il doit tenir compte de trois éléments essentiels : l’historique de douleurs, le volume actuel d’entraînement et la capacité à organiser une transition.
Un coureur ayant des antécédents répétés de tendinopathie d’Achille devra être prudent avec une réduction brutale d’amorti. À l’inverse, un coureur présentant régulièrement des douleurs antérieures du genou pourra réfléchir à une modification progressive de la répartition des contraintes.

Pour limiter le risque lors d’un changement :

Ni l’amorti maximal ni le minimal ne sont intrinsèquement protecteurs ou dangereux. Ils répondent à des logiques mécaniques différentes. Le bon choix est celui qui correspond à la zone actuellement fragile et à la capacité du corps à s’adapter progressivement.

Ai-je bien compris?

Un amorti important absorbe davantage les chocs au niveau du pied, mais peut modifier la répartition des efforts vers le genou chez certains profils. Un amorti minimal sollicite davantage les mollets, le tendon d’Achille et le pied. Les contraintes ne disparaissent pas, elles se déplacent. Le choix dépend des douleurs passées, du volume d’entraînement et de la capacité à faire une transition progressive. Ce n’est pas la chaussure en elle-même qui protège ou qui blesse, mais l’adéquation entre ses caractéristiques et le profil du coureur.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

Articles en lien