kinesport versailles, nos spécialités, rééducation respiratoire, Pourquoi se concentrer sur sa respiration peut parfois l’aggraver

La respiration est l’un des rares gestes automatiques que l’on peut aussi contrôler volontairement. On peut décider de respirer plus lentement, plus profondément ou de bloquer l’air quelques secondes. Mais, dans le syndrome d’hyperventilation, cette possibilité de contrôle peut parfois devenir un facteur d’entretien du trouble.

La respiration automatique dans le syndrome d’hyperventilation

En temps normal, la respiration est régulée automatiquement par une zone du cerveau appelée tronc cérébral. Cette structure ajuste en permanence le rythme respiratoire en fonction des besoins du corps, notamment grâce au taux de dioxyde de carbone (CO₂) présent dans le sang.
Le CO₂ n’est pas un simple gaz éliminé à l’expiration. Il participe à l’équilibre interne et sert de signal de régulation. Lorsque le taux de CO₂ augmente légèrement, le cerveau ajuste la respiration. Lorsqu’il diminue, le rythme respiratoire se modifie également.
Dans le syndrome d’hyperventilation, la ventilation est excessive par rapport aux besoins réels. Le taux de CO₂ diminue. La régulation devient plus sensible. La respiration peut alors sembler moins stable ou moins confortable.

Certaines sensations peuvent apparaître :

Ces sensations sont liées au déséquilibre ventilatoire et non à une atteinte pulmonaire.

Quand le contrôle volontaire entretient l’hyperventilation

Lorsque la respiration devient inhabituelle, il est naturel de vouloir la surveiller. On peut essayer de contrôler chaque inspiration, de vérifier si l’air entre correctement, ou de corriger volontairement le rythme.
Cependant, dans le syndrome d’hyperventilation, cette surveillance permanente peut modifier davantage le schéma respiratoire.
Contrôler volontairement la respiration active le cortex cérébral, c’est-à-dire la partie du cerveau impliquée dans les décisions conscientes. Cette activation peut perturber le fonctionnement automatique régulé par le tronc cérébral.

Plus la respiration est contrôlée en permanence :

La baisse du CO₂ peut alors accentuer les sensations respiratoires. Ces sensations incitent à surveiller encore davantage la respiration. Un cercle peut s’installer :

Il ne s’agit pas de dire qu’il ne faut jamais porter attention à sa respiration. Les exercices respiratoires encadrés peuvent être utiles lorsqu’ils sont réalisés de manière progressive et structurée.
La difficulté apparaît lorsque la respiration devient un objet de contrôle constant dans la vie quotidienne. Dans ce contexte, la focalisation permanente peut entretenir le dérèglement du contrôle ventilatoire.
Dans le syndrome d’hyperventilation, le problème ne vient pas de la volonté de bien faire. Il vient de la perte d’automaticité du geste respiratoire et du déséquilibre du CO₂ qui rend la régulation plus sensible.

Ai-je bien compris?

La respiration est normalement régulée automatiquement par le cerveau. Dans le syndrome d’hyperventilation, la ventilation excessive fait baisser le taux de CO₂ et rend la régulation plus instable. Lorsque l’on surveille constamment sa respiration, on active le contrôle volontaire, ce qui peut perturber encore davantage l’automatisme. La ventilation peut alors augmenter et accentuer les sensations respiratoires. Un cercle peut s’installer entre focalisation et hyperventilation. Il ne s’agit pas d’une maladie pulmonaire, mais d’un trouble fonctionnel du contrôle respiratoire.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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