Pourquoi le questionnement est central dès le début
Lorsqu’un patient consulte pour un mal de dos, la prise en charge en kinésithérapie commence toujours par un temps de questions approfondies. Cette étape peut surprendre, surtout lorsque la douleur est présente et que l’on espère un soulagement rapide. Pourtant, ce questionnement constitue le socle de toute la rééducation. Il permet de comprendre comment la douleur s’est installée, comment elle évolue et dans quelles situations le dos est mis en difficulté.
Un mal de dos n’apparaît presque jamais par hasard. Il s’inscrit le plus souvent dans un contexte de contraintes répétées, de variations de charge ou de modifications des habitudes de mouvement. Les questions permettent d’identifier si la douleur est apparue brutalement ou progressivement, si elle est liée à l’effort, au repos ou à certaines positions, et si elle varie au cours de la journée. Ces éléments donnent des indications précieuses sur la manière dont le dos tolère les contraintes.
Comprendre le lien entre douleur, mouvement et contraintes
Le questionnement ne vise pas uniquement à localiser la douleur. Il cherche surtout à comprendre la relation entre le dos, le mouvement et la charge. Certaines activités, postures ou gestes peuvent majorer les symptômes, tandis que d’autres les soulagent partiellement. Cette analyse permet d’orienter la rééducation vers ce que le dos tolère mal à ce moment précis.
Plusieurs dimensions sont systématiquement explorées :
- les mouvements ou positions qui déclenchent la douleur,
- les situations qui améliorent ou calment les symptômes,
- le contexte de survenue (travail, sport, reprise d’activité),
- l’évolution de la douleur après l’effort ou le repos.
Ces informations aident à éviter des exercices inadaptés et à proposer une progression cohérente, respectant la tolérance actuelle du dos.
Adapter la rééducation à la réalité du patient
Les questions portent aussi sur le quotidien. Le travail, les habitudes de mouvement, le niveau d’activité physique, les périodes de sédentarité ou, au contraire, de surcharge influencent directement le dos. Deux patients présentant une douleur similaire peuvent nécessiter des approches très différentes selon leur contexte. Sans cette compréhension globale, la rééducation risquerait d’être déconnectée de la réalité vécue.
Le questionnement permet également d’évaluer la manière dont le patient gère sa douleur. Certains évitent tout mouvement par crainte d’aggraver leur dos, tandis que d’autres continuent malgré des signaux répétés. Ces comportements modifient le contrôle neuromoteur et la proprioception, et peuvent entretenir la douleur. Les identifier permet d’adapter les explications et d’accompagner progressivement la reprise du mouvement.
Enfin, ce temps d’échange sert à hiérarchiser les priorités : retrouver de la mobilité, améliorer la tolérance à la charge, sécuriser certains gestes ou faciliter la reprise des activités. Il ne s’agit pas d’appliquer un protocole standard, mais de construire une rééducation individualisée et progressive.
Ai-je bien compris?
Quand on a mal au dos, le kinésithérapeute pose beaucoup de questions pour comprendre comment la douleur est apparue et comment elle évolue. Ces questions servent à identifier les mouvements, les positions et les situations qui posent problème. Le mode de vie et les contraintes quotidiennes influencent fortement le dos et doivent être pris en compte. Le questionnement permet aussi de repérer la peur du mouvement ou, au contraire, le surmenage. Cette étape aide à adapter la rééducation à la tolérance réelle du dos. Elle permet de construire une prise en charge progressive et sécurisée.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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