Après une prothèse totale de hanche, il est fréquent de constater une amélioration rapide des douleurs articulaires, tout en ressentant un manque de force persistant du côté opéré. Cette discordance peut surprendre. Pourtant, elle ne traduit pas un problème de la prothèse elle-même, mais une adaptation encore incomplète du système musculaire et du contrôle du mouvement autour de la hanche.
Une force diminuée avant même l’intervention
Bien avant l’opération, la hanche douloureuse est souvent moins sollicitée. La marche se raccourcit, certains appuis sont évités, les mouvements deviennent plus économes. Progressivement, les muscles autour de la hanche et du bassin perdent en efficacité. Cette perte ne concerne pas seulement la force maximale, mais aussi la capacité à produire un effort de façon répétée et coordonnée.
Cette situation explique pourquoi, après l’intervention, la hanche peut être moins douloureuse mais encore perçue comme faible : la chirurgie corrige l’articulation, pas l’état fonctionnel des muscles.
L’impact direct de la chirurgie sur les muscles
La pose d’une prothèse implique un passage chirurgical à travers des muscles stabilisateurs de la hanche. Même lorsque la cicatrisation se déroule normalement, ces muscles ont été sollicités et potentiellement temporairement inhibés. Leur capacité à se contracter efficacement n’est pas immédiate.
Dans cette phase, la hanche peut donner l’impression de « ne pas répondre » comme attendu, notamment lors des changements de position, de la montée des escaliers ou du maintien en appui unipodal.
Le rôle du contrôle neuromoteur et de la coordination
La hanche fonctionne en lien étroit avec le bassin, le tronc et le membre inférieur. Après une chirurgie, la synchronisation entre ces différents segments peut être perturbée. Le mouvement devient moins fluide, moins économique, ce qui augmente l’effort ressenti.
Plusieurs éléments contribuent à cette impression de faiblesse :
- une activation musculaire incomplète ou retardée,
- une coordination moins précise entre les muscles,
- une perception encore incertaine de la position de la hanche,
- une appréhension à engager pleinement l’appui.
Endurance et fatigue précoce
Il est fréquent que la force « tienne » sur un effort court, mais s’épuise rapidement dans la durée. Cette fatigabilité précoce est souvent confondue avec un manque de force. En réalité, c’est la tolérance à l’effort qui est encore limitée.
Cette fatigue se manifeste surtout :
- en fin de journée,
- lors des activités prolongées,
- après plusieurs répétitions d’un même geste,
- dans les situations nécessitant stabilité et précision.
Mobilité et confiance dans la hanche opérée
Une mobilité encore partiellement récupérée oblige les muscles à travailler dans des amplitudes moins favorables. Le rendement du mouvement diminue, ce qui renforce la sensation de faiblesse. À cela s’ajoute parfois une retenue inconsciente à utiliser pleinement la hanche opérée, par crainte de mal faire ou de forcer.
L’ensemble de ces facteurs explique pourquoi la sensation de force ne revient pas immédiatement, même lorsque l’articulation est soulagée.
Ai-je bien compris?
Après une prothèse de hanche, il est fréquent de ressentir un manque de force malgré la diminution des douleurs. Cette sensation s’explique par l’état des muscles avant l’opération, par l’impact de la chirurgie et par une activation musculaire encore incomplète. La coordination et le contrôle du mouvement sont souvent perturbés. La fatigue apparaît plus rapidement, donnant l’impression d’une faiblesse persistante. Une mobilité encore limitée et une appréhension à l’appui peuvent accentuer ce ressenti. La force revient progressivement avec l’adaptation fonctionnelle.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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