Après une entorse du poignet, la question du délai de reprise revient presque systématiquement. Pourtant, donner un nombre de semaines isolé serait réducteur. La reprise ne dépend pas uniquement du temps écoulé depuis la blessure. Elle dépend surtout de la nature des contraintes que le poignet devra supporter.
Un pongiste, un pratiquant de lutte ou une personne amenée à porter des charges lourdes ne sollicitent pas leur poignet de la même manière. La récupération doit donc être adaptée à l’exigence réelle de l’activité.
La cicatrisation ligamentaire ne définit pas à elle seule le délai
Une entorse correspond à une atteinte des ligaments, structures qui stabilisent les petits os du poignet. La cicatrisation suit des phases biologiques : inflammation, production de nouvelles fibres, puis réorganisation progressive. Cette évolution prend du temps et varie selon plusieurs paramètres.
Le délai peut être influencé par :
- le degré initial de l’atteinte ligamentaire
- l’importance du gonflement et de la douleur initiale
- la qualité de la mise en protection au début
- la régularité et la progressivité de la rééducation
Même si la douleur diminue rapidement, cela ne signifie pas que les ligaments ont retrouvé leur capacité mécanique maximale. La disparition des symptômes précoces ne suffit donc pas à autoriser une reprise intensive.
Nature des contraintes : préhension, appui ou impact
Le poignet ne sert pas uniquement à saisir des objets : il peut aussi devoir supporter une partie du poids du corps, notamment lors des appuis au sol, et cette différence change complètement la nature des contraintes. Dans un sport de raquette ou de balle, l’effort principal concerne surtout la préhension et des mouvements rapides de flexion-extension (plier et tendre le poignet). À l’inverse, dans la lutte, la gymnastique ou certains exercices de préparation physique, le poignet travaille souvent en « chaîne fermée » : la main reste fixée au sol et l’articulation doit stabiliser le poids du corps. Dans ce contexte, les contraintes sont généralement plus élevées, avec davantage de compression dans l’articulation, une extension parfois prolongée, des forces de cisaillement lors des changements d’appui, et des sollicitations répétées en charge. C’est pourquoi la tolérance nécessaire pour tenir une raquette n’est pas équivalente à celle requise pour supporter le poids du corps en appui : le délai de reprise doit être proportionné à ces exigences mécaniques.
Critères fonctionnels avant reprise
Au-delà du temps écoulé, plusieurs critères permettent d’évaluer la préparation du poignet. La reprise progressive suppose :
- une mobilité quasi complète sans douleur vive
- une force comparable au côté opposé
- une capacité à supporter une mise en charge progressive
- l’absence de gonflement réactionnel le lendemain
La proprioception, c’est-à-dire la perception fine de la position du poignet, joue également un rôle important. Les ligaments contiennent des capteurs sensoriels qui participent au contrôle neuromoteur. Après une entorse, cette précision peut être transitoirement diminuée. Si la coordination entre information sensorielle et réponse musculaire reste imparfaite, le risque de contrainte excessive augmente.
La reprise du sport ou du port de charges doit donc être graduelle. Un test isolé réussi ne garantit pas une tolérance prolongée. L’objectif est que le poignet puisse supporter des sollicitations répétées correspondant à l’activité réelle, sans réaction excessive secondaire.
Ai-je bien compris?
Après une entorse du poignet, le délai de reprise ne dépend pas uniquement du nombre de semaines écoulées. Il dépend surtout des contraintes spécifiques liées au sport ou à l’activité. Tenir une raquette n’impose pas les mêmes exigences que supporter le poids du corps en appui. Même si la douleur a diminué, les ligaments peuvent encore être en cours de réorganisation. La reprise est envisageable lorsque la mobilité, la force et la stabilité sont restaurées et que le poignet tolère des charges progressives sans réaction le lendemain.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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