Une douleur qui apparaît surtout quand le genou est sollicité
Après un choc ou un traumatisme du genou, il est fréquent que la douleur ne soit pas permanente. Le genou peut sembler relativement confortable au repos, puis devenir douloureux dès que l’effort augmente. Cette situation est déroutante, mais elle correspond le plus souvent à un décalage temporaire entre les contraintes imposées au genou et sa capacité actuelle à les tolérer.
Le traumatisme modifie la façon dont les tissus réagissent aux charges. Même en l’absence de lésion grave, certaines structures restent plus sensibles. À l’effort, l’augmentation des pressions articulaires et des sollicitations musculaires met en évidence cette sensibilité résiduelle.
Le rôle de l’inflammation résiduelle
Après un choc, une réaction inflammatoire se met en place pour permettre la réparation des tissus. Cette inflammation peut devenir discrète, voire imperceptible au repos, mais se manifester à nouveau lors de l’effort. Une irritation synoviale résiduelle peut persister après le choc. L’effort peut alors majorer transitoirement les symptômes (douleur, raideur, gonflement), signe que le genou n’a pas encore une tolérance suffisante aux contraintes
Cette douleur ne traduit pas nécessairement une aggravation. Elle indique surtout que le genou n’a pas encore totalement récupéré sa capacité d’adaptation aux contraintes répétées.
Quand le mouvement n’est pas encore optimal
Après un traumatisme, le genou peut fonctionner avec des ajustements involontaires : perte de mobilité, déficit de force ou contrôle du mouvement moins précis. Ces adaptations modifient la répartition des charges.
Certaines zones sont alors plus sollicitées que d’autres, ce qui favorise l’apparition de la douleur à l’effort, en particulier lors de la marche prolongée, des escaliers ou des efforts répétés.
Ces situations sont souvent associées à :
- une mobilité incomplète du genou,
- une coordination moins fluide du mouvement,
- des appuis modifiés ou asymétriques,
- une augmentation du coût articulaire à l’effort.
L’impact de la fatigue musculaire
À l’effort, les muscles qui stabilisent le genou jouent un rôle majeur. Après un traumatisme, ils fatiguent souvent plus rapidement. Cette fatigue réduit leur capacité à absorber les contraintes et à contrôler l’articulation.
Lorsque le soutien musculaire diminue, le genou devient plus dépendant de ses structures passives, ce qui augmente la sollicitation articulaire et favorise l’apparition de la douleur.
Une douleur parfois retardée
Il est fréquent que la douleur apparaisse après l’effort, parfois plusieurs heures plus tard. Cette douleur retardée reflète souvent une surcharge temporaire ou une réaction inflammatoire secondaire.
Elle doit être interprétée en fonction de son évolution : une douleur qui régresse avec le repos et l’adaptation des sollicitations s’inscrit généralement dans un processus de récupération.
Certains signes méritent toutefois une attention particulière :
- douleur qui apparaît de plus en plus tôt à l’effort,
- intensité qui augmente malgré une charge identique,
- gonflement important associé,
- sensation d’instabilité ou de blocage.
Ce que signifie réellement cette douleur
Dans la majorité des cas, une douleur du genou à l’effort après un choc signifie que l’articulation est encore en phase d’adaptation. Les tissus n’ont pas retrouvé une tolérance suffisante aux contraintes imposées.
La douleur devient alors un indicateur de charge : elle signale que l’effort dépasse momentanément les capacités actuelles du genou, sans traduire forcément une lésion évolutive.
Ai-je bien compris?
Après un choc, une douleur du genou qui apparaît surtout à l’effort est fréquente. Elle traduit souvent une sensibilité persistante des tissus et une tolérance encore limitée aux contraintes. L’inflammation résiduelle, les compensations du mouvement et la fatigue musculaire jouent un rôle central. Cette douleur peut apparaître pendant ou après l’activité. Tant qu’elle reste proportionnelle à l’effort et qu’elle régresse avec le repos, elle n’est généralement pas inquiétante. Une aggravation progressive, un gonflement important ou une instabilité associée nécessitent une vigilance particulière et une potentielle consultation médicale.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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