Comprendre pourquoi le risque de chute augmente
Une chute survient lorsque le centre de gravité sort de la base d’appui sans que le corps parvienne à corriger suffisamment vite la perte d’équilibre. Chez une personne sans trouble neurologique, ces ajustements sont largement automatiques. Un pas correcteur se déclenche spontanément, le tronc se redresse, les appuis se réorganisent.
Dans la maladie de Parkinson, ces mécanismes deviennent moins efficaces.
La bradykinésie (lenteur du mouvement) retarde parfois la réaction face à un déséquilibre.
La rigidité limite l’aisance articulaire.
La posture peut évoluer vers une flexion du tronc, avec un centre de gravité davantage projeté vers l’avant.
L’ensemble réduit la marge de stabilité disponible.
Agir sur l’organisation posturale et les réactions correctrices
Réduire le risque ne signifie pas supprimer tout danger. Il s’agit d’optimiser les capacités de stabilisation encore présentes.
Le travail peut porter sur :
- l’alignement postural et le redressement du tronc,
- la stabilité des appuis au sol,
- la coordination des segments du corps,
- la gestion des transitions (se lever, tourner, s’arrêter).
Ces éléments visent à augmenter la marge de stabilité et à limiter les situations où le centre de gravité dépasse trop rapidement la base d’appui.
Un second axe concerne les réactions correctrices :
- l’initiation du pas face à un déséquilibre,
- l’entretien d’une amplitude suffisante,
- la capacité à adapter le rythme,
- la structuration des changements de direction.
L’objectif est d’entretenir des réponses motrices cohérentes face aux perturbations.
Organiser les déplacements pour limiter les situations à risque
Certains contextes sollicitent fortement l’équilibre : demi-tours rapides, arrêts brusques, espaces encombrés. Structurer ces situations permet de réduire l’exposition au déséquilibre.
Adapter le rythme, anticiper les transitions, ralentir volontairement dans des environnements complexes sont des stratégies utiles. Ces ajustements ne transforment pas la marche, mais la rendent plus fiable.
En résumé : trois leviers pour réduire le risque
La réduction du risque de chute repose sur trois axes complémentaires :
- entretenir l’organisation posturale,
- maintenir la capacité de réaction face à un déséquilibre,
- adapter les stratégies de déplacement au quotidien
Il ne s’agit pas d’éliminer toute chute, mais de limiter les situations où un déséquilibre dépasse les capacités de correction.
Ai-je bien compris?
Dans la maladie de Parkinson, le risque de chute augmente parce que les ajustements automatiques deviennent plus lents et moins amples. La rigidité et la posture fléchie réduisent la marge de stabilité, tandis que la bradykinésie retarde les corrections. Réduire le risque consiste à entretenir l’alignement du corps, la coordination et la capacité à initier un pas correcteur. Adapter les déplacements aux capacités du moment permet également de sécuriser le quotidien. L’objectif n’est pas de supprimer tout risque, mais de limiter les situations où un déséquilibre peut entraîner une chute.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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