kiné sport versailles, nos spécialités, Rééducation orthopédique, Boiterie persistante après prothèse totale de genou : que faire

La marche après une prothèse dépend de plusieurs mécanismes qui récupèrent à des rythmes différents

La pose d’une prothèse totale de genou remplace les surfaces articulaires usées, mais elle ne rétablit pas immédiatement l’ensemble des mécanismes qui permettent de marcher de manière fluide. La marche repose sur l’action coordonnée des muscles, sur la mobilité de l’articulation et sur la capacité du corps à utiliser correctement l’appui sur chaque jambe.
Après l’intervention, ces différents éléments doivent progressivement se réorganiser. La force musculaire diminue souvent dans les premières semaines, la mobilité peut rester limitée pendant un certain temps et l’appui sur la jambe opérée peut être utilisé de manière différente.
La marche devient alors légèrement asymétrique. Cette asymétrie se traduit par une boiterie qui correspond le plus souvent à une phase normale d’adaptation du mouvement.
La récupération d’une marche naturelle dépend notamment de plusieurs éléments :

Lorsque l’un de ces éléments reste limité, la marche peut rester modifiée pendant un certain temps.

Les mécanismes les plus fréquents qui entretiennent la boiterie

La boiterie observée après une prothèse totale de genou est rarement liée à la prothèse elle-même. Elle correspond le plus souvent à une combinaison de mécanismes liés à la récupération du mouvement.
Le premier élément concerne la force du quadriceps. Ce muscle situé à l’avant de la cuisse stabilise le genou lorsque le pied est au sol. Après la chirurgie, ce muscle peut rester affaibli pendant un certain temps. Lorsque sa force est encore insuffisante, le genou est moins stable lors de l’appui et le corps réduit légèrement le temps passé sur la jambe opérée. Cette adaptation modifie la symétrie de la marche.
Un second élément concerne l’extension du genou. Pendant la marche, le genou doit pouvoir s’étendre complètement lorsque le poids du corps passe sur la jambe. Si cette extension reste limitée, même légèrement, le genou conserve une flexion pendant l’appui. Cette position demande davantage de travail musculaire et peut modifier la manière de marcher.
Le gonflement du genou peut également intervenir. Après une chirurgie articulaire, un épanchement peut persister pendant un certain temps. Ce gonflement perturbe l’activation musculaire autour du genou et peut rendre l’appui moins efficace.
Enfin, la marche peut rester influencée par les habitudes prises avant l’opération. Lorsque l’arthrose a provoqué une boiterie pendant une longue période, le corps s’est progressivement adapté à cette manière de marcher. Après la chirurgie, même lorsque la douleur diminue, ce schéma moteur peut persister pendant un certain temps.

Les facteurs les plus fréquemment impliqués sont :

La marche se réorganise progressivement avec la répétition des déplacements

La récupération après une prothèse de genou ne correspond pas uniquement à la cicatrisation de l’intervention. Elle correspond aussi à une réorganisation progressive du mouvement.
Lors de chaque pas, le cerveau utilise des informations provenant des muscles, des articulations et de l’appui du pied au sol. Ces informations permettent d’ajuster automatiquement la position de la jambe et l’équilibre pendant la marche. Ce système de contrôle neuromoteur s’appuie notamment sur la proprioception, c’est-à-dire la capacité du corps à percevoir la position et la charge appliquée sur l’articulation.
Au début de la récupération, ces ajustements peuvent être moins précis. Les contractions musculaires peuvent survenir légèrement trop tôt ou trop tard, ce qui rend la marche moins fluide.
Avec la répétition des déplacements et la progression de la rééducation, ces ajustements deviennent progressivement plus efficaces. Les muscles travaillent de manière plus coordonnée, l’appui sur la jambe opérée devient plus stable et la marche se rapproche progressivement d’un fonctionnement plus symétrique.
La boiterie peut donc persister pendant un certain temps sans que cela traduise un problème de la prothèse. Elle correspond le plus souvent au temps nécessaire pour que la force musculaire, la mobilité et la coordination du mouvement se réorganisent.

Quelques repères simples pour améliorer progressivement la marche

Lorsque la boiterie persiste après une prothèse totale de genou, certains ajustements simples dans la manière de marcher peuvent aider à retrouver progressivement une marche plus symétrique. L’objectif n’est pas de corriger chaque pas de manière rigide, mais de réhabituer progressivement le corps à utiliser la jambe opérée de façon plus naturelle.

  1. Ralentir volontairement la marche
    Une marche trop rapide entretient souvent les compensations. Marcher légèrement plus lentement permet de mieux contrôler le mouvement et de laisser le poids du corps passer correctement sur la jambe opérée.

  2. Allonger légèrement l’appui sur la jambe opérée
    Lors de la marche, il peut être utile de rester un peu plus longtemps sur la jambe opérée avant de faire le pas suivant. Cela aide le corps à réhabituer l’appui sur cette jambe.

  3. Se concentrer ponctuellement sur la symétrie des pas
    De temps en temps, prêter attention à la longueur des pas et au rythme de la marche peut aider à corriger les compensations installées.

  4. Privilégier des marches plus courtes mais bien contrôlées
    Lorsque la fatigue apparaît, la boiterie augmente souvent. Il vaut mieux marcher moins longtemps avec une marche équilibrée que prolonger une marche très asymétrique.

  5. Utiliser temporairement une canne si la boiterie est marquée
    Placée du côté opposé au genou opéré, une canne peut aider à stabiliser la marche et à réduire les compensations pendant la récupération.

Ai-je bien compris?

Après une prothèse totale de genou, une boiterie peut persister pendant une période de récupération. La marche dépend de plusieurs éléments qui doivent progressivement se réadapter : la force musculaire, la mobilité du genou et la manière dont l’appui est utilisé. Une faiblesse du quadriceps, une extension du genou encore limitée ou un gonflement résiduel peuvent modifier la symétrie de la marche. Les habitudes de marche prises avant l’opération peuvent également jouer un rôle. Avec la répétition des déplacements et la progression de la rééducation, les muscles se coordonnent mieux, l’appui devient plus stable et la marche retrouve progressivement un fonctionnement plus naturel.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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