L’équilibre n’est jamais complètement immobile
Être debout sans marcher ne signifie pas que le corps est fixe. Même à l’arrêt, l’équilibre repose sur des ajustements permanents. Le centre de gravité se déplace légèrement d’avant en arrière et d’un côté à l’autre. Le tronc, les chevilles et les hanches réalisent des corrections fines pour maintenir la stabilité.
Ces micro-ajustements sont normalement automatiques et imperceptibles. Ils reposent sur une coordination rapide entre les informations sensorielles et les réponses musculaires. La proprioception — c’est-à-dire la capacité à percevoir la position du corps dans l’espace — participe à ce réglage constant.
Dans la maladie de Parkinson, ce système de régulation fonctionne différemment. La bradykinésie, qui correspond à une lenteur d’exécution du mouvement, ralentit les corrections posturales. La rigidité, liée à une augmentation du tonus musculaire, limite la souplesse des segments corporels. Les ajustements deviennent moins amples et parfois moins précis.
Une marge de stabilité plus étroite
La posture joue également un rôle important. Une légère flexion du tronc peut projeter le centre de gravité vers l’avant. Cette position réduit la marge de stabilité et rend les corrections plus exigeantes.
À l’arrêt, cela peut se traduire par :
- une sensation de balancement discret,
- une impression de ne pas être parfaitement “ancré” au sol,
- un besoin d’élargir légèrement les appuis,
- une mobilisation accrue de l’attention pour rester stable.
Le corps continue à corriger les déplacements, mais les réponses sont plus lentes et moins souples. Cette modification du contrôle neuromoteur peut donner l’impression d’une instabilité même en l’absence de mouvement visible.
Organiser et entretenir le contrôle postural
La rééducation tient compte de cette réalité. Le travail porte sur le contrôle du tronc, la mobilité segmentaire et la capacité à déplacer volontairement le centre de gravité. L’objectif est d’entretenir des ajustements posturaux efficaces et cohérents avec les capacités du moment.
Cela peut inclure :
- des exercices de transfert de poids,
- un travail sur l’alignement postural,
- une stimulation de la proprioception,
- une organisation progressive des appuis.
Il ne s’agit pas d’éliminer totalement toute sensation d’instabilité, mais d’entretenir la capacité du corps à s’adapter aux micro-déplacements permanents qui caractérisent l’équilibre.
Ai-je bien compris?
Dans la maladie de Parkinson, l’équilibre à l’arrêt peut sembler moins stable parce que les micro-ajustements posturaux sont plus lents et moins souples. La bradykinésie ralentit les corrections et la rigidité limite leur amplitude. La posture peut réduire la marge de stabilité. La rééducation vise à entretenir le contrôle du tronc, la mobilité et l’organisation des appuis afin de maintenir une stabilité adaptée au quotidien.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
Articles en lien

Équilibre et prévention des chutes dans la maladie de Parkinson
Équilibre et prévention des chutes dans la maladie de Parkinson : comprendre les troubles, les risques et les objectifs de la rééducation au quotidien.





