Une perception d’instabilité plus fréquente
Dans la maladie de Parkinson, la peur de tomber apparaît souvent après des situations où l’équilibre semble moins fiable qu’auparavant. Cette évolution est liée à des modifications du contrôle neuromoteur.
La bradykinésie — c’est-à-dire une lenteur dans l’exécution des mouvements — retarde les réactions correctrices. La rigidité limite la souplesse des segments corporels et réduit la capacité d’adaptation rapide. La posture, souvent légèrement fléchie vers l’avant, diminue la marge de stabilité. Les fluctuations propres à la maladie peuvent également rendre la stabilité variable d’un moment à l’autre.
Ces modifications peuvent entraîner :
- des réactions correctrices plus lentes,
- une amplitude de réponse réduite,
- une difficulté à initier un pas compensateur,
- une variabilité de la stabilité selon les moments de la journée.
Le corps perçoit alors que les réponses sont moins rapides ou moins efficaces qu’avant. Cette expérience répétée modifie progressivement la perception de la fiabilité de l’équilibre.
Une adaptation logique du comportement
Lorsque des micro-déséquilibres se répètent, une adaptation comportementale apparaît. La personne mobilise davantage son attention, ralentit ses déplacements ou sécurise ses appuis. Cette stratégie vise à réduire le risque perçu.
On observe parfois :
- une réduction volontaire de la vitesse de marche,
- une augmentation de la concentration lors des transitions,
- une limitation de certaines situations jugées instables,
- une rigidification volontaire du mouvement.
Ces adaptations correspondent à une réévaluation cohérente du risque. La peur de tomber reflète une modification réelle de l’organisation posturale.
La rééducation prend en compte cette dimension. Elle vise à entretenir les réactions posturales, à maintenir la mobilité et à structurer les stratégies d’équilibre de manière progressive. L’objectif est de restaurer une confiance adaptée aux capacités du moment, sans nier les modifications liées à la maladie.
Ai-je bien compris?
Dans la maladie de Parkinson, la peur de tomber apparaît souvent parce que les réactions d’équilibre sont plus lentes et moins amples. La bradykinésie, la rigidité et la posture fléchie modifient la stabilité. Le corps envoie davantage de signaux d’instabilité, ce qui entraîne une adaptation du comportement. La rééducation vise à entretenir les réactions posturales et à restaurer une confiance adaptée aux capacités du moment.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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