Le tronc comme point d’ancrage du mouvement
Le tronc joue un rôle central dans l’organisation du mouvement. Il constitue la base sur laquelle s’appuient les bras et les jambes pour agir efficacement. Après une atteinte neurologique, le contrôle de cette zone peut être perturbé, rendant les gestes plus instables, plus coûteux ou moins précis.
Même lorsque la force des membres semble partiellement préservée, un manque de stabilité du tronc peut limiter l’efficacité globale du mouvement.
Le travail du tronc en rééducation neurologique ne vise donc pas uniquement une posture « droite », mais une base suffisamment stable pour permettre au corps de s’organiser et de se déplacer de manière plus sûre.
Une stabilité nécessaire aux gestes du quotidien
De nombreux gestes courants reposent sur un contrôle fin du tronc : se lever d’une chaise, rester assis sans soutien, atteindre un objet, marcher ou se retourner. Lorsque cette stabilité est insuffisante, le corps compense souvent par des stratégies moins efficaces, entraînant une fatigue accrue ou une perte de sécurité.
Le tronc permet d’anticiper et d’absorber les déséquilibres avant même que les membres n’interviennent.
Un contrôle du tronc perturbé peut se manifester par :
- une difficulté à rester stable en position assise ou debout
- une perte d’équilibre lors des changements de position
- une utilisation excessive des bras pour se maintenir
- une coordination moins efficace des membres
- une augmentation de la fatigue lors des activités simples
Ces manifestations peuvent varier selon le type et l’étendue de l’atteinte neurologique.
Un rôle clé dans la coordination et l’équilibre
Le tronc participe directement à la coordination entre le haut et le bas du corps. Il permet de transmettre les forces, d’ajuster la posture et de préparer les mouvements.
Lorsque le contrôle central est insuffisant, les gestes deviennent souvent fragmentés : les membres agissent, mais sans support stable, ce qui diminue la précision et la fluidité du mouvement.
En rééducation neurologique, le travail du tronc aide à restaurer une organisation corporelle plus cohérente, même si cette organisation diffère de celle d’avant l’atteinte.
Une base pour des stratégies fonctionnelles adaptées
Le travail du tronc ne cherche pas à imposer une posture idéale ou symétrique. Une posture peut rester asymétrique ou demander plus d’attention, tout en étant fonctionnelle.
L’objectif est de permettre au patient de développer des stratégies suffisamment stables pour réaliser les actions importantes du quotidien en sécurité.
Ce travail s’inscrit notamment dans :
- l’amélioration du contrôle postural dans différentes positions
- l’adaptation aux capacités réelles du moment
- la réduction des compensations inutiles
- la gestion de la fatigue liée au maintien postural
- le renforcement de la confiance dans le mouvement
Un levier essentiel pour l’autonomie
En renforçant la stabilité centrale, le travail du tronc facilite l’utilisation des membres, améliore l’équilibre et sécurise les déplacements. Même lorsque le contrôle reste imparfait, une meilleure organisation du tronc permet de rendre les gestes plus fiables et reproductibles.
Cette fiabilité est essentielle pour préserver l’autonomie fonctionnelle et limiter le risque de chute ou de mise en échec dans les activités quotidiennes.
Ai-je bien compris?
Le tronc constitue la base du mouvement et conditionne l’efficacité des bras et des jambes. Après une atteinte neurologique, son contrôle peut être perturbé, rendant les gestes plus instables et plus fatigants. Le travail du tronc en rééducation vise une stabilité fonctionnelle, adaptée aux capacités du moment, plutôt qu’une posture parfaite. En améliorant cette base centrale, il devient plus facile de coordonner les mouvements, de sécuriser l’équilibre et de préserver l’autonomie au quotidien.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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