Il est tout à fait possible de ressentir une instabilité du genou en l’absence de rupture ligamentaire visible à l’imagerie. Cette situation est fréquente après un traumatisme et peut être déroutante, car l’instabilité est souvent spontanément associée à une atteinte des ligaments. Pourtant, dans de nombreux cas, cette sensation traduit un problème de fonctionnement du genou plutôt qu’une défaillance structurelle.
Une stabilité qui ne dépend pas uniquement des ligaments
La stabilité du genou repose sur un équilibre entre des structures passives, comme les ligaments et la capsule, et des structures actives, principalement les muscles. Après une blessure, même si les ligaments sont intacts, la contribution musculaire peut être altérée. Une diminution de la force, un retard d’activation ou une coordination moins précise suffisent à rendre le genou moins fiable dans certaines situations.
Cette instabilité apparaît surtout lors des mouvements dynamiques, lorsque le genou doit réagir rapidement à une contrainte ou à un changement d’appui.
La participation importante du contrôle neuromoteur
Après un traumatisme, le contrôle neuromoteur du genou est souvent perturbé. Les informations sensorielles qui permettent d’ajuster finement la contraction musculaire deviennent moins précises ou moins bien intégrées. Le genou peut alors réagir avec un léger temps de retard ou de manière inadaptée, donnant une impression de flottement ou de manque de contrôle.
Cette instabilité est particulièrement ressentie lors de situations imprévues, rapides ou sous charge.
- retard de reponse musculaire
- coordination moins efficace
- ajustements posturaux imprécis
- contrôle variable selon le contexte
Douleur, mobilité et fatigue : des facteurs aggravants
Même modérée, la douleur influence la stabilité du genou. Elle peut inhiber certains muscles stabilisateurs et modifier inconsciemment la stratégie de mouvement. La perte de mobilité, notamment en extension ou en flexion, place également l’articulation dans des positions mécaniquement moins favorables, accentuant la sensation d’instabilité.
La fatigue joue un rôle important. Un genou peut sembler stable au début d’une activité, puis devenir instable lorsque les muscles fatiguent et que leur capacité de contrôle diminue.
Instabilité fonctionnelle versus instabilité structurelle
Il est essentiel de distinguer une instabilité structurelle, liée à une rupture ligamentaire, d’une instabilité fonctionnelle. Dans cette dernière situation, les ligaments sont intacts, mais le genou manque de contrôle, de coordination ou de tolérance à la charge. Cette instabilité ne se voit pas toujours à l’imagerie, mais elle est bien réelle dans le mouvement.
- ligaments intacts à l’imagerie
- instabilité ressentie à l’effort
- difficulté surtout dans les gestes dynamiques
- amélioration variable selon la fatigue et le contexte
Lorsque la sensation d’instabilité persiste, s’aggrave ou s’accompagne de dérobements répétés, d’un gonflement important ou d’une perte de fonction marquée, une consultation médicale est nécessaire afin de vérifier qu’il n’existe pas une atteinte structurelle sous-jacente.
Ai-je bien compris?
Il est donc tout à fait possible d’avoir un genou instable sans rupture ligamentaire. Cette instabilité est le plus souvent fonctionnelle et liée à un déficit de contrôle musculaire, de coordination ou de proprioception après un traumatisme. La douleur, la perte de mobilité et la fatigue peuvent accentuer cette sensation. L’imagerie peut être rassurante alors que le genou reste instable dans le mouvement. Cette instabilité reflète un genou qui n’a pas encore retrouvé une adaptation suffisante aux contraintes. Elle évolue généralement avec la récupération fonctionnelle.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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