kinesport versailles, nos spécialités, kiné du sport, rééducation traumatismes articulaires, entorses et luxations, Est-ce normal d’avoir peur de se reblesser avec une articulation fragilisée

Une réaction normale après un traumatisme

Après une entorse, une luxation ou tout autre traumatisme articulaire, la peur de se reblesser est très fréquente. Elle peut apparaître dès les premières reprises de mouvement ou persister alors même que la douleur a diminué. La réponse est claire : oui, il est normal d’avoir peur de se reblesser après un traumatisme articulaire.

Cette peur ne traduit ni une faiblesse personnelle ni un manque de motivation. Elle correspond à une réaction protectrice du système nerveux face à une situation vécue comme menaçante. Le corps cherche à éviter la répétition d’un événement perçu comme dangereux.

Depuis le traumatisme initial, l’articulation est associée à une perte de contrôle, parfois brutale. Cette expérience laisse une trace durable. Lorsque certains mouvements rappellent le contexte de la blessure, le cerveau anticipe un risque potentiel, même si les tissus sont en cours de récupération.

Le rôle de la perception articulaire et du contrôle musculaire

Après un traumatisme, les informations sensorielles provenant de l’articulation peuvent être moins fiables. La perception de la position et du mouvement devient plus incertaine. Cette imprécision augmente le doute au moment de bouger et renforce la crainte de provoquer un nouvel incident.
Le contrôle musculaire intervient également. Les muscles stabilisateurs peuvent rester moins réactifs ou moins coordonnés, même en l’absence de douleur. L’articulation peut alors être ressentie comme moins prévisible, ce qui alimente l’appréhension lors de gestes rapides ou inhabituels.

Quand la peur influence le mouvement

Pour se protéger, certaines personnes modifient spontanément leur manière de bouger. Ces stratégies peuvent inclure une rigidification du geste, un évitement de certaines positions ou une réduction de l’amplitude des mouvements. À court terme, ces adaptations rassurent.
Cependant, si elles persistent, elles limitent l’exposition progressive de l’articulation aux contraintes nécessaires à son adaptation. La peur peut alors s’entretenir elle-même, non pas parce que l’articulation est réellement en danger, mais parce qu’elle n’est pas suffisamment sollicitée pour redevenir perçue comme fiable.

Une peur fluctuante et évolutive

Il est important de comprendre que cette peur n’évolue pas de façon linéaire. Elle peut diminuer progressivement, puis réapparaître dans certains contextes : fatigue, terrain irrégulier, mouvement imprévu ou sollicitation inhabituelle. Ces variations sont normales.
La peur n’est pas directement liée à la douleur. Une articulation peut être indolore tout en restant source d’appréhension, car la confiance repose davantage sur la capacité perçue à contrôler le mouvement que sur l’absence de symptômes.
Ainsi, la peur de se reblesser avec une articulation fragilisée est une réaction normale et cohérente après un traumatisme. Elle tend à diminuer à mesure que l’articulation est réexposée progressivement à des situations variées, bien tolérées, et que le contrôle du mouvement s’améliore.

Ai-je bien compris?

Après un traumatisme articulaire, il est normal d’avoir peur de se reblesser. Cette peur correspond à un mécanisme de protection du système nerveux. Elle est liée à une perception encore incertaine de l’articulation et à un contrôle musculaire incomplet. Les stratégies d’évitement peuvent entretenir cette appréhension. La peur peut varier selon la fatigue ou le contexte. Elle diminue progressivement avec la reprise contrôlée et bien tolérée des mouvements.

Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.

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