Le lien entre stress et douleurs dorsales est souvent observé, mais rarement bien compris. Beaucoup de personnes remarquent que leur dos devient plus sensible lors de périodes de tension mentale, de fatigue ou de surcharge émotionnelle, même sans effort physique particulier. Cette association est réelle, mais elle ne signifie pas que le stress abîme directement le dos ou provoque une lésion
Le stress modifie le fonctionnement du corps, pas la structure du dos
Le stress agit principalement sur le système nerveux. Lorsqu’il est présent, le corps fonctionne en état de vigilance accrue. Cette activation influence le tonus musculaire, en particulier dans les zones impliquées dans la posture, comme le dos. Les muscles dorsaux peuvent rester contractés plus longtemps, avec moins de phases de relâchement, ce qui favorise une sensation de raideur ou de douleur diffuse.
Cette tension n’est pas forcément consciente. Elle s’installe souvent progressivement, au fil de la journée, notamment lors de périodes de concentration prolongée ou de pression émotionnelle. Le dos n’est pas blessé, mais il travaille dans un contexte moins favorable à la récupération.
Respiration, posture et habitudes modifiées par le stress
Le stress influence aussi la respiration. Une respiration plus haute et plus rapide modifie la mobilité du thorax et la sollicitation des muscles dorsaux. Ces muscles participent alors davantage à l’acte respiratoire, ce qui augmente leur charge globale, surtout lorsqu’elle s’ajoute à des postures prolongées.
Dans ces périodes, plusieurs facteurs se combinent souvent :
- augmentation du tonus musculaire de fond,
- diminution des changements de position,
- baisse de la récupération physique et mentale,
- moindre tolérance à l’effort habituel.
Ces éléments n’agissent pas séparément, mais s’additionnent, ce qui peut suffire à faire apparaître une douleur dorsale sans événement déclencheur précis.
Le rôle central de la perception et de la sensibilité
Le stress modifie également la façon dont la douleur est perçue. Le système nerveux devient plus sensible aux signaux corporels. Une gêne auparavant tolérée peut alors être ressentie plus intensément. Cela ne signifie pas que le dos est plus fragile, mais que le seuil de tolérance est temporairement abaissé.
Il est important de souligner que cette douleur n’est pas « imaginaire ». Elle est bien réelle, avec des manifestations physiques concrètes, mais elle reflète un contexte de fonctionnement global plus exigeant pour le corps.
- le stress n’est généralement pas la cause unique,
- il agit comme un facteur amplificateur,
- la douleur reste fonctionnelle et réversible,
- l’évolution dépend fortement du contexte global.
Comprendre le lien pour éviter l’inquiétude
Comprendre que le stress peut influencer les douleurs dorsales sans provoquer de lésion permet de réduire l’inquiétude. L’enjeu n’est pas de supprimer toute contrainte, mais d’aider le corps à retrouver une meilleure tolérance, notamment par le mouvement, la variation des postures et une récupération suffisante.
- varier les positions dans la journée,
- maintenir une activité régulière et adaptée,
- éviter l’immobilité prolongée,
- accepter les fluctuations temporaires.
Ces principes aident le dos à mieux supporter les périodes de tension sans que la douleur ne s’installe durablement.
Ai-je bien compris?
Le stress peut favoriser les douleurs dorsales sans abîmer le dos. Il agit sur le système nerveux et augmente la tension musculaire, surtout dans le haut du dos. La respiration, la posture et les habitudes changent souvent en période de stress, ce qui augmente la charge globale. Le système nerveux devient aussi plus sensible, rendant la douleur plus perceptible. La douleur est réelle mais fonctionnelle. Le stress est rarement la seule cause, mais un facteur aggravant important. Comprendre ce lien permet d’aborder la douleur avec plus de recul.
Article proposé par l’équipe des kinés du cabinet Kiné Sport Versailles, 24 rue des Réservoirs, à Versailles.
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